Début  2009, Ivo Sasek a introduit la doctrine de la réincarnation dans un traité  intitulé « L’Olivier (Ölbaum) » (01/2009) . Le site Bibelkreis.ch a répondu entre autre à cette hérésie par un article détaillé sur Ivo Sasek (Wer ist und was lehrt Ivo Sasek) dont nous traduisons un chapitre.

Réincarnation et Universalisme

(L’Universalisme est la doctrine selon laquelle  tout le monde sera sauvé à la fin, dans certaines variantes cela inclue même Satan et ses démons.)  L’enseignement de la réincarnation a été débattu par 1500 personnes lors du « Concile » d’Ivo Sasek – le «concile prophétique à Flums» le 22/11/2008. ( cf. Sasek, Ivo, Ölbaum,  01/2009 « , p.8 )

Il est intéressant de remarquer que Sasek, qui, selon lui est dans le ministère des apôtres / prophète, puisse débattre sur un enseignement. Nous ne pouvons imaginer que Paul ou tout autre apôtre ait traité les vérités divines de la sorte. Lors de ce «concile», la doctrine de la réincarnation a été confirmée par tous comme une vérité du christianisme original.

Mais alors comment se fait-il qu’il n’y a pas plus cet enseignement dans la théologie évangélique? Sasek voit ici une conspiration. (Sasek est un partisan de la théorie de la conspiration. Pour offrir à sa conspiration une plate-forme, il a fondé la « Coalition anti-censure » (AZK). Des conférences anti-censure sont régulièrement organisées. Un journal anti-censure (AZZ) sert également à diffuser ses théories du complot.)

Il enseigne que la doctrine de la réincarnation a été retiré de la théologie chrétienne au Concile de Constantinople en 533.

Il n’y a pas dans l’Ecriture de preuve claire de la réincarnation. Par conséquent, Sasek cite le pasteur libéral Dieter Potzel pour expliquer ce grief :

La connaissance de la réincarnation était connu dans l’entourage de Jésus avec certaines variantes, de sorte qu’il pouvait assumer ce pré-requis dans ses enseignements. Ceci est aussi une des nombreuses raisons pourquoi on trouve peu de narrations sur ce sujet. (cf. Ölbaum, numéro 01/2009 « , p.20 / Voir aussi: theologe.de/theologe2.htm#31)

Sasek n’a pas de problèmes à présenter comme argument quelques passages bibliques qui « sentent » la réincarnation. Il cite, entre autres, Jean 9:1 et suite. Sasek voit dans la question des disciples concernant la cécité de l’aveugle-né une preuve que les Juifs du temps de Jésus croyaient en la réincarnation. Il comprends la question des disciples comme suit:

l’aveugle a-t-il vécu dans une vie antérieure de sorte que la cécité en soit le résultat dans cette nouvelle vie? Ou est-ce le péché de ces parents qui est responsable?

Mais ce passage est-il vraiment une référence à la réincarnation? Dr Arnold Fruchtenbaum qui est très versé dans la littérature rabbinique et le judaïsme écrit la chose suivante à ce sujet :

Certains enseignants du Nouvel-Âge utilisent ce verset pour affirmer que les Juifs croient en la réincarnation. Mais une telle doctrine n’existait pas dans le judaïsme. La question ici ne reflète aucun enseignement du Nouvel-Âge, mais la théologie juive. Les Pharisiens enseignaient que si quelqu’un était né aveugle, la cause était dans un péché bien particulier, commis par ses parents ou par l’aveugle-né lui-même. Mais comment pourrait-on péché avant sa naissance? Selon leur théologie, deux natures se combattent dans l’être humain déjà dans le sein maternel – une bonne et une mauvaise. Chez la plupart des gens, c’est le bon côté qui l’emporte, mais il y a quelques exceptions.

Selon eux, la conséquence est que,  le mal peut l’emporter et l’enfant développer une aversion pour sa propre mère. Il alors est puni par Dieu, de sorte qu’il naît aveugle. Être né aveugle, serait donc un signe de punition divine. C’est pourquoi quelqu’un né aveugle, ne serait jamais en mesure de voir – à moins que le Messie ne vienne. Nous avons donc ici notre troisième miracle messianique. (cf. Fruchtenbaum, Arnold G., « La vie du Christ » 2ème ed. allemande de 2007)

En plus d’autres « preuves bibliques», Sasek se réfère à Jean Baptiste qu’il voit comme Élie réincarné. Pour cela, il se réfère, entre autres à Mat. 11:14,  mais il oublie apparemment Luc 1:17. Nous lisons à propos de Jean qu’il n’est pas Élie mais qu’il va agir dans l’esprit et la puissance d’Élie. L’Écriture s’explique elle-même la plupart du temps, si on la laisse parler.

Sasek fait également référence à Mat 16:13-14 dans son traité et affirme que c’est une preuve supplémentaire de la croyance des Juifs en la réincarnation.

…Qui suis-je au dire des hommes, moi le Fils de l’homme[a]? Ils répondirent: Les uns disent que tu es Jean-Baptiste; les autres, Elie; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes.

Ce passage ne peut être un argument pour la réincarnation, au contraire, il s’y oppose. Comment Jésus pourrait être Jean-Baptiste réincarné, quand Jésus et Jean ont vécu en même temps, et la mort de l’un n’a pas donné la naissance de l’autre? Jésus était déjà là quand Jean est mort. Ici la signification est différente. Nous pouvons très bien voir un lien avec Lc. 1:17. Il est possible que l’opinion des gens sur Jésus faisait allusion au type de ministère et non à la personne même.

Toutefois, afin couper court le dernier souffle de Saseks sur la réincarnation, prêtons attention à Hébreux 9:27:

Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.

Ce passage est une épine dans l’oeil de Sasek et doit donc être sommairement réinterprétée. Finalement il comprend le verset comme suit:

Tant que (… ou aussi souvent que – note de l’auteur) il est réservé aux hommes de mourir après quoi vient le jugement, aussi longtemps (autant de fois) apparaîtra également Christ, à celui qui L’attend à salut (cf. Sasek, Ivo, « Der Ölbaum »,  01/2009 )

Ici encore, nous voyons comment Sasek agit sans respect de la Parole de Dieu. Plutôt que de se laisser corriger par elle, il déforme ses déclarations afin que sa doctrine puisse s’y incruster.

C’est sur Origène que Sasek s’appuie le plus fortement dans ses exposés sur la réincarnation. La référence à Origène est si forte, qu’il nous faut parler brièvement de sa personne son enseignement. (cf. Sierszyn, Armin, „2000 Jahre Kirchengeschichte“, Bd. 1, Holzgerlingen: Hänssler, 3 éd., 2001, P.48
p.174, p.177, p.174, p.115, p.177.

Origène est né à Alexandrie 185. Il a vécu à une époque où les chrétiens ont beaucoup souffert de la persécution. Sous la persécution de Lucius Septime Sévère, en 202, il perdit son père à l’age de 17 ans. Il mourut en l’an 254 des conséquences de la torture.

La vie d’Origène se distingue par sa dévotion ascétique et son profond amour du Christ. Son ascèse le conduisit à l’auto-castration. Il punissait son corps en se privant de sommeil. S’il dormait, c’était sur le plancher. Origines aurait connu le NT par cœur, et se consacrait pleinement pour les Saintes Écritures. On estime à 6000 le nombre de ses écrits. Il a écrit de nombreux commentaires sur la Bible. Bien qu’il connût les Écritures comme personne, son herméneutique le mena à d’innombrables hérésies qui conduisirent à des démêlés au sein de l’Église. (L’herméneutique est le principe d’interprétation de l’Écriture. Origène est convaincu d’un sens triple de l’Écriture :1. littérale et historique, 2. morale et philosophique, 3. mystique et spirituel. C’est surtout ce 3ème point qui est la source des pires enseignements d’Origène. Et c’est à ceux-ci que Sasek se réfère.)
Le Concile de Constantinople en l’an 553 condamna publiquement les enseignements de bases d’Origène:

  • La pré-existence des âmes
  • l’universalisme
  • et la Réincarnation.

(cf. Sierszyn, Armin, « 2000 ans d’Histoire de l’Église », Vol. 1, p48; et Sasek, Ivo, Der Ölbaum, 01/2009 p.19, 14, 18, 32)

L’interprétation de Saseks de l’histoire de l’Église est donc fausse. Le Concile n’a pas condamné une partie de l’enseignement apostolique, mais a pris ses distances par rapport aux hérésies. L’historien de l’histoire de l’église Armin Sierszyn écrit à ce propos :

Parce que Origène dans sa doctrine apporta toutes sortes de choses absurdes, le 5 Synode œcuménique Constantin condamna en 553 certains de ses principes sous Justinien. Une partie de sa théologie fut interdite, mais pas lui en tant que personne. C’est pourquoi on ne le compte pas parmi les Pères de l’Église.

Sasek croit comme Origène à la préexistence des âmes. Il ne se réfère pas aux Écritures, mais uniquement aux œuvres d’Origène. Sasek a cite pour cela Cyrille d’Alexandrie:

Origène dit que les âmes existent avant les corps et sont déchues de la sainteté par des mauvais désirs et sont tombées loin de Dieu; Pour cette raison, il les avait condamnés et mises dans des corps, dans la chair comme dans une prison.

Les âmes des hommes étaient déjà avec Dieu avant la création du monde, selon Origène.
Ces âmes se sont finalement rebellés contre Dieu et ont été mis dans des corps, une punition de Dieu. Origène et Sasek sont du même avis ici. Sasek cite ensuite :

Des êtres spirituels, une partie est tombé dans le péché et ont été punies dans les corps; selon la mesure de leurs péchés, ils sont emprisonnés dans un corps, pour une deuxième, voir une troisième fois ou plus, après que leur péché soit nettoyé, ils retournent dans leur condition précédente sans corps.

Le but de tout cela, c’est la ressemblance à Christ!

Ce rattrapage des manquements (Karma) doit certainement nous être imposé sans compromis, jusqu’à ce que le Christ prenne forme en nous et que nous soyons pleinement réalisé en lui ». (cf. Der Ölbaum, 01/2009“, p.32)

La doctrine de la réincarnation aide Sasek à comprendre les manquements de notre société. Par exemple, la question des riches et des pauvres. Selon Sasek ce problème ne peut être concilié avec l’amour de Dieu selon la théologie traditionnelle.

Sasek voit la «pauvreté» et les «circonstances externes négatives» comme une punition d’une mauvaise vie antérieure, et écrit:

Comment un bon Dieu d’amour donner à un homme une robe dorée et à un autre les lambeaux de la faim, et ce, pour une seule vie sur terre, qui ensuite deviendra un enfer éternel ou le ciel éternel? Le message chrétien n’a-t-il pas perdu toute sa crédibilité précisément pour cela? parce que nous avons cru Dieu capable d’une telle idiotie sans limite»(„Der Ölbaum“, 01/2009, p.32)

Il est intéressant de noter que le Fils de Dieu dans Luc 9:58 dit de lui-même:

Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.

Selon Sasek, Christ aurait donc été charnel dans une vie antérieure, puisqu’il est venu comme pauvre dans ce monde. Les Pharisiens eux, auraient été «bon» dans une vie antérieure car ils avaient le pouvoir et l’argent.

Or, l’injustice sociale n’est pas le résultat d’une vie antérieure ratée, mais la preuve d’un monde déchu. Si le Christ, le Fils de Dieu est venu comme pauvre dans ce monde, pourquoi serait-ce un tort que d’être pauvre? Et si les riches du monde « actuel », étaient plus spirituels dans une vie antérieure que les pauvres d’aujourd’hui, pourquoi la plupart d’entre eux seraient-ils incroyant? Nous voyons que les déclarations de Sasek sont illogiques.

De sa lecture de « Pistis Sophia », l’oeuvre gnostique mentionnée ci-dessus,  qui est le témoignage le plus explicite de l’ancien gnosticisme, Sasek voit que la réincarnation sera aussi le moyen de promouvoir l’image de Christ mais qui s’arrêtera. La réincarnation va s’arrêter et tout ce qui n’est pas « devenu Christ » sera épuré dans l’étang de feu. Sasek écrit:

«La seconde mort décrit la justification par un processus d’une extrême lenteur, dans l’étang de feu. Parce qu’un lac est le symbole d’une peuplade, j’interprète ce lac de feu ainsi: Les indociles, les endurcis et tous les êtres endiablé seront comme un seul corps, et seront fatalement et irrémédiablement épurés. Par des procédés très prolongées – bien plus long que la durée d’une courte vie terrestre (réincarnation) – ils seront liquéfié, selon la mesure parfaite, juste et mérité de chacun de ces  « idiots ». Il seront unis avec le diable et ses anges jusqu’à ce que la purification ait atteint admirablement son objectif… Que celui qui a des oreilles entende ce que l’esprit des appelés dit ».

Sasek enseigne qu’il n’y a pas d’enfer dans le sens d’un enfer éternel. L’enfer est temporaire et sert à l’épuration. Ceci aussi est tout à fait contraire à la Bible, qui connaît « un enfer éternel, où leur ver ne meurt pas et où le feu est éteint pas. »

Sasek, Ivo, « Der Ölbaum », numéro 01/2009 « , p.32 69 Ibid., P.35

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *