Yéchouâ le Messie
ou Jésus-Christ ?

 

 

 

 

 Réponse à certains Juifs messianiques
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top Introduction

Par le biais d’une communauté évangélique du Borinage, nous avons reçu un document de deux pages contenant les conceptions doctrinales franchement hérétiques d’un Juif messianique demeurant en Israël.

Cet essai intitulé «Conception Biblique et Juive de la Divinité du Messie» est loin de représenter la position des enfants d’Israël devenus des disciples de Jésus-Christ.

L’auteur, Monsieur Michael Schneider ne représente que lui et il est opportun d’apporter cette précision.

Il reprend le témoignage d’un de ses amis, rabbin de son état, devenu messianique grâce à l’Ancien Testament ainsi qu’aux multiples allusions de la tradition.

En fait, si nous avalisons totalement la première source citée, il est clair que nous prenons nettement nos distances avec la seconde.

La position de Jésus-Christ dans ce domaine est sans équivoque. Pour le Seigneur, cette tradition annule simplement la parole de Dieu !

«N'est pas tenu d'honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition.» Matthieu 15:6  (15:5)

«Annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables.» Marc 7:13

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la position exprimée par Michael Schneider est loin d’être orthodoxe.

top I. La langue du Nouveau Testament

Tout d’abord, l’auteur affirme, sans le démontrer, que le Nouveau Testament a été rédigé en hébreu :

Nous Juifs, disciples de Yéchouâ, n’utilisons pas de termes qui ne figurent pas dans le «Nouveau Testament». Selon ces documents originellement écrits en hébreu par les premiers disciples juifs de Yéchouâ (qui sont donc nôtres et que nous reconnaissons) …

Cette opinion est loin d’être partagée par tous les spécialistes. Citons entre autres :

«LANGUES BIBLIQUES : Le N.T. est entièrement écrit en grec et il n’est pas possible de prouver qu’un ou l’autre de ses livres aurait été traduit d’un original araméen». (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, Brepols, 1987, page 729).

«LANGUES DE LA BIBLE : Le N.T. est entièrement écrit en grec. L’existence éventuelle d’originaux hébreux ou araméens pour l’un ou l’autre livre du N.T. constitue une question controversée que seule une découverte archéologique pourrait permettre de trancher pour l’affirmative». (Dictionnaire de la Bible et des Religions du Livre, Brepols, 1985, page 263).

«Or les 27 livres du N.T., sauf peut-être l’Evangile de Matthieu, ont été rédigés en «Koinê», grec courant, qui s’était profondément implanté en Palestine durant plus de 3 siècles». (Nouveau Dictionnaire Biblique, Editions Emmaüs, 1992, page 917).

Nous reviendrons plus tard sur l’exception possible de l’Evangile de Matthieu.

«Le Nouveau Testament a été rédigé en grec». (Le Monde la Bible, Sator, 1978, page 667.)

De toutes ces citations, il ressort nettement que le Nouveau Testament a originellement été rédigé en grec Koinê, c’est-à-dire la langue internationale utilisée dans le bassin méditerranéen au 1er siècle. Nous nous proposons d’étayer cette opinion en examinant le Nouveau Testament lui-même, les Pères de l’Église et quelques documents contemporains, dont le livre de Claude Tresmontant, «Le Christ Hébreu», O.E.I.L., Paris, 1983. Cet ouvrage semble être à l’origine de la théorie d’un original hébreu du Nouveau Testament.

top 1. Le Nouveau Testament

Les Evangiles nous indiquent quelle langue parlait Jésus. En effet, bien qu’ils soient rédigés en grec, quelques paroles originales du Seigneur nous sont rapportées :

«Talitha koumi, ce qui signifie : jeune fille, lève-toi.» (Marc 5 :41)

«Ephphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi» (Marc 7 :33)

«Eloï, Eloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Marc 15 :34, voir également Matthieu 27 :46)

Cette langue est l’araméen. C’était la langue maternelle des Juifs de Palestine au 1er siècle après Jésus-Christ. Claude Tresmontant l’admet lui-même :

«Le Seigneur enseignait en langue araméenne lorsqu’il parlait aux hommes, aux femmes et aux enfants de la Judée, de la Galilée, de la Samarie, puisque l’araméen était alors, dans les premières années du 1er siècle de notre ère, la langue populaire, la langue parlée» («Le Christ  Hébreu», page 15).

Or l’hébreu et l’araméen, bien qu’étant de la même famille linguistique – les langues sémitiques du groupe nord-occidental – sont différents (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, pages 126 et 567).

Pour s’en convaincre, il suffit de comparer Marc 15 : 34 en araméen et en hébreu :

«Araméen : Eloï, Eloï, lema sabachthani ?»

«Hébreu : Eli, Eli, lamah ‘azavttani ?»

Il faut ici remarquer que, non seulement Jésus enseignait en araméen, mais aussi qu’il priait dans cette langue. Du reste, au 1er siècle, on utilisait dans les synagogues de la Palestine, des commentaires araméens de la Bible, car l’hébreu, n’était pas compris du peuple. Ce commentaire est appelé «targûm».

«L’héb. et l’aram. targûm, littéralement «traduction», «interprétation», désigne une version araméenne de l’Ancien Testament à l’usage des synagogues. Dès une époque pré-chrétienne, le besoin fut ressenti dans des synagogues de Palestine de faire suivre la lecture hébraïque de l’Ecriture de son targum, traduction – interprétation orale en araméen destinée à rendre plus accessible aux auditeurs la parole écrite. Le meturgeman, «targumiste», «interprète», traduisait dans la langue du peuple le texte sacré, tout en incluant dans la trame de sa version biblique des éléments exégétiques qui devaient orienter la compréhension du texte hébreu proclamé». (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 1311).

Si le Seigneur Jésus prêchait et priait en araméen et si la lecture hébraïque de la Bible nécessitait une traduction araméenne pour être comprise du peuple, pourquoi les auteurs du Nouveau Testament auraient-ils écrit en hébreu ?

Dans les Actes des Apôtres 1 : 19, il est question de la langue des habitants de Jérusalem et un mot est cité dans cette langue : «Hakeldama», qui signifie : «champ du sang».

«HAKELDAMA, CHAMP DU SANG. Selon Actes 1 :16-19 : Judas achète avec de l’argent reçu pour sa trahison un domaine (en grec : chôrion) qui, après sa mort sanglante, reçoit le nom d’Hakeldama (en grec akel damach), correctement interprété en «domaine du sang» (en grec chôrion haimatos ; cf. l’aram. Hageldema).» (Dictionnaire encyclopédique de la Bible, page 556).

La langue parlée à Jérusalem était donc l’araméen. Pourtant cette affirmation doit encore être nuancée, car il existait dans cette ville une forte minorité de Juifs de langue grecque. Nous le voyons dans Actes 6 :1. Une note de la version Segond, (Société Biblique de Genève, 1974) précise ceci :

«Les Hellénistes, juifs ayant vécu hors de Palestine, dans les pays où était parlée la langue grecque – les Hébreux, juifs de Palestine, parlant l’idiome national, qui était alors l’araméen, langue de la même famille que le pur hébreu.»

Déjà dans l’Ancien Testament, quelques passages ont été rédigés en araméen. Il s’agit de Esdras 4 : 8 à 6 : 18 et 7 : 12 – 26, Daniel 2 : 4 à 7 : 28, Jérémie 10 : 11 et Genèse 31 : 47. L’hébreu n’est donc pas la langue unique de la Révélation divine, même pas dans l’Ancien Testament.

Lors de la fondation de l’Église chrétienne, le jour de la Pentecôte à Jérusalem, le Saint-Esprit a opéré un miracle. Il a fait que des hommes de toutes les nations comprennent l’Evangile dans leur propre langue (Actes 2 : 5 –10). Pourquoi n’ont-ils pas tous compris l’hébreu, si c’est la «langue de Dieu» ?

De la même façon dans l’Apocalypsecalypse, nous voyons que les rachetés adorent Dieu et l’Agneau dans leur propre langue (5 : 9 ; 7 : 9-10). Il est évident que dans son omniscience, Dieu comprend et parle toutes les langues. Il n’existe donc aucune langue sacrée en soi qui serait celle du ciel. L’Église est universelle et toutes les langues sont bonnes pour adorer Dieu et annoncer l’Evangile.

Deux passages du Nouveau Testament font allusion à l’hébreu :

«Paul, parlant en langue hébraïque, dit» (Actes 21 : 40).

«J’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque» (Actes 26:14).

Il ne faut pourtant pas se méprendre sur le sens du mot «hébraïque». Il ne s’agit pas de l’hébreu classique mais de l’araméen :

«C’est à dire, probablement, en araméen.» (Traduction œcuménique de la Bible, Nouveau Testament, Cerf et Bergers et Mages, 1972, page 423, note m).

C’est donc à bon droit que la version Semeur 2000 a traduit l’expression «langue hébraïque» par le mot «araméen».

L’apôtre Paul connaissait sûrement l’hébreu, mais dans la vie courante, il parlait grec ou araméen. C’est ce que nous voyons à la fin de 1 Corinthiens (16 :22), où il salue les chrétiens par le mot araméen «maranatha» qui signifie «notre Seigneur vient».

L’apôtre Jean, dans son Evangile, mentionne deux mots «hébreux» : «Béthesda» (Jean 5 :2) et «Gabbatha» (Jean 19 :13). Or ces deux mots ne sont pas du pur hébreu, mais encore une fois de l’araméen :

«BETHESDA. En grec béthesda (de l’aram. bêt hisda. «maison de miséricorde» (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 205).

«GABBATHA, LITHOSTROTOS. En grec gabbatha, de l’araméen gabbeta’, «l’élévation» (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 510).

Dans le même Evangile de Jean, le dialogue original de Marie de Magdala avec Jésus ressuscité ; s’est tenu en araméen. D’où le cri de Marie : Rabbouni, un mot araméen qui signifie «Maître» ! (Jean 20 :16).

«RABBOUNI. Equivalent araméen de l’hébreu rabbî sans nuance particulière». (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 1089).

Il est donc clair que lorsque le Nouveau Testament parle de «langue hébraïque» ou d’«hébreu», il faut comprendre «araméen».

«A l’époque de notre Seigneur, l’aram. avait supplanté l’hébr. comme langue parlée (Marc 5 :41), et avait même emprunté son nom. Par conséquent, lorsque le N.T. parle de la langue des hébr. ou simplement de l’hébreu, cela signifie l’aram.». (Jean 5 :2 ; 19 :13 ; 17 :20 ; Act. 21 :40 ; 22 :2 ; 26 :14 ; Ap. 9:11) (Nouveau Dictionnaire Biblique, page 557).

Le cas de Luc est intéressant. Rappelons qu’il a écrit l’Evangile et les Actes des Apôtres. Or il n’était pas juif, mais païen.

«La comparaison de son Evangile avec les deux premiers montre qu’il est pagano-chrétien, c’est-à-dire un chrétien converti du paganisme». (Oscar Cullmann, «Le Nouveau Testament», PUF, collection Que sais-je ?, 1967, page 32).

Pourquoi un pagano-chrétien qui écrivait à des pagano-chrétiens, l’aurait-il fait en hébreu plutôt qu’en grec ?

En résumé, les données du Nouveau Testament ne confirment pas sa rédaction en hébreu, suivie d’une traduction en grec. La langue usuelle de la Palestine au 1er siècle était l’araméen et à Jérusalem même, une forte minorité de la population parlait le grec. On voit mal pourquoi, les auteurs du Nouveau Testament auraient rédigé en hébreu pour traduire en grec !

Nous allons maintenant examiner les écrits de quelques Pères de l’Église.

top 2. Les Pères de l’Église

Comme nous l’avons vu, il semble que Matthieu ait rassemblé les paroles de Jésus en araméen. Ce florilège lui a servi à rédiger son Evangile en grec. Cette opinion de Papias né vers 70 est rapportée par Eusèbe de Césarée (260-340), le premier historien ecclésiastique :

«Sur Matthieu, Papias dit ceci. «Matthieu réunit donc en langue hébraïque les paroles (de Jésus) et chacun les traduisit comme il en était capable». (Eusèbe, Histoire de l’Église, III, 39, 15-16).

Notons que Papias, qui écrivait vers 130 ne dit pas que tout le Nouveau Testament a été écrit en hébreu. Il ne dit pas non plus que l’Evangile de Matthieu a été écrit en hébreu. Tout ce que l’on sait d’après lui, c’est que Matthieu a mis par écrit en hébreu les «paroles» de Jésus.

Or nous savons que pour les anciens le mot «hébreu» signifie araméen. Matthieu aurait donc rédigé un recueil de paroles du Seigneur dans leur langue originale – l’araméen. On est loin d’une première rédaction de son Evangile en hébreu suivie d’une traduction en grec.

Il faut savoir aussi qu’Eusèbe n’accorde pas trop de crédit aux affirmations de Papias.

«Papias s’exprime en un style assez confus et il ne semble pas avoir un esprit critique très sûr… Eusèbe, qui pouvait lire son ouvrage en entier, se montre sévère : il accuse Papias d’avoir un esprit très médiocre.» (Sœur Gabriel Peters o.s.b., «Lire les Pères de l’Église», Desclée de Brouwer, 1981, page 117.)

A partir de Papias, plusieurs Pères de l’Église ont soutenu la rédaction de l’Evangile de Matthieu en hébreu. Deux d’entre eux sont cités par Eusèbe : Irénée (140-202) et Origène (185-253).

«Irénée de Lyon» : Matthieu (a écrit) parmi les Hébreux dans leur propre langue et dans leur propre écriture. Eusèbe, («Histoire de l’Église», V, 8).

«Origène d’Alexandrie» : D’abord Matthieu, en lettres hébraïques… (idem, VI, 25).

Finalement, l’opinion d’Irénée et d’Origène dépend de celle de Papias. Nous n’avons donc pas ici d’arguments supplémentaires. L’hypothèse d’un Evangile de Matthieu rédigé en hébreu reste fragile.

Jérôme (†419), l’auteur de la Vulgate, traduction de la Bible en latin, va dans le même sens.

Primus omnium Mattheus… qui evangelium in Judaea hebraeo sermone edidit (Jérôme, Comm. In Mat, Prooem, § 5).

Mais nous sommes ici très loin des origines et il semble de nouveau que la source de Jérôme soit la même. On est donc toujours ramené à des suppositions difficiles à prouver.

Il convient de remarquer, que si la plupart des auteurs du Nouveau Testament étaient juifs, l’un d’entre eux était syrien. Il s’agit de Luc qui est tout de même l’auteur de l’Evangile qui porte son nom et des Actes des Apôtres.

«LUC. En grec loukas, forme abrégée du latin, lucanus, «clair» (Lucius), auteur du troisième Evangile et des Actes. Suivant la tradition (Eusèbe, Jérôme), il était d’origine païenne, syrien, médecin de profession (Col. 4 :14)». (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 756).

Luc est donc bien un nom grec et même latin. Nous avons déjà constaté qu’il était un pagano-chrétien. Dès lors deux réflexions s’imposent : la langue maternelle de Luc était le grec, pourquoi aurait-il écrit dans une autre langue ? Et surtout, il est faux d’affirmer que tous les rédacteurs du Nouveau Testament étaient juifs.

En résumé, les données fournies par les Pères de l’Église, ne permettent pas d’affirmer que tout le Nouveau Testament a été écrit «en hébreu par les premiers disciples juifs de Yéchoua». Tout au plus, et ne c’est pas certain, peut-on penser que Matthieu a mis par écrit en araméen les paroles de Jésus. Quoi qu’il en soit ce document est perdu. C’est donc une pure hypothèse qui ne repose que sur le témoignage douteux de Papias. En revanche, les documents grecs du Nouveau Testament sont bien attestés et prouvés par des centaines de manuscrits. Les documents contemporains peuvent-ils nous permettre d’aller plus loin ?

top 3. Documents contemporains

De nos jours, le principal protagoniste d’un original hébreu des écrits du Nouveau Testament est Claude Tresmontant. Son ouvrage «Le Christ Hébreu», O.E.I.L., Paris, 1983, est bien connu. Il y développe l’idée que les Evangiles et certains livres du Nouveau Testament ont d’abord été rédigés en hébreu avant d’être traduits en grec. En outre, il redéfinit la date de leur rédaction qu’il situe entre 36 et 60 après Jésus-Christ.

L’argument majeur de Tresmontant pour un original en langue hébraïque est les nombreux aramaïsmes qui émaillent le texte grec. Bien sûr, il n’est pas le seul à l’avoir remarqué. Il est même parfois difficile de faire la différence entre les aramaïsmes et les hébraïsmes. Mais pour les expliquer, il n’est pas nécessaire de croire à un original en hébreu.

«ARAMAÏSME : Dans le N.T., on trouve quelques mots araméens transcrits en grec, et l’acception de certains termes grecs a été colorée par le parler sémitique, dont diverses tournures de phrases reflètent indubitablement l’impact. Mais il serait souvent imprudent d’affirmer que l’on a affaire à un aramaïsme plutôt qu’à un hébraïsme. Les aramaïsmes néotestamentaires ne trahissent pas l’existence de sources écrites araméennes, mais un langage imprégné de sémitismes qui l’explique par l’origine juive des auteurs et par la tradition scribale du judaïsme hellénistique de l’époque.» (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 74).

«HEBRAÏSME : Mot, phrase ou syntagme grec qui reproduisent certains éléments typiques de l’hébreu d’une manière qui n’est pas conforme à l’usage grec. Les hébraïsmes sont nombreux dans les LXX et dans certains livres du N.T., en particulier Luc, Actes, Jean, 1-3 Jean, où l’influence de la langue des LXX se fait sentir». (Idem, page 212).

«SEMITISME : Mots, phrases ou syntagmes grecs qui reproduisent certains éléments de l’hébreu ou de l’araméen d’une manière qui n’est pas conforme au génie de la langue grecque. La traduction des LXX contient de nombreux sémitismes, traces du texte hébreu original. Par contre, les sémitismes du N.T. ne prouvent pas nécessairement l’existence d’un original hébreu ou araméen de certains textes : en effet, ces sémitismes peuvent aussi s’expliquer par le substrat linguistique des auteurs, leur bilinguisme ou l’imitation consciente du style des LXX.» (Idem, page 394).

Tresmontant fait grand cas des travaux d’Oscar Cullmann  qu’il appelle un  «illustre savant» («Le Christ Hébreu», page 18). Or celui-ci ne partage pas du tout la thèse d’un original du N.T. en hébreu !

«Plusieurs auteurs du Nouveau Testament ont écrit en grec ce qu’ils pensaient en araméen» (O. Cullmann, «Le Nouveau Testament», PUF. Que sais-je ? 1967, page 11).

Pour mieux assurer ses affirmations, Tresmontant retraduit en hébreu les quatre Evangiles. Le travail est intéressant, mais il ne constitue pas une preuve en soi. Cette traduction n’a pas plus de valeur normative que n’importe quelle version dans n’importe quelle autre langue.

André Chouraqui, le célèbre traducteur de la Bible, nous apprend que la première traduction du Nouveau Testament en hébreu  a été faite à Alger en 1420 (A. Chouraqui, «Evangiles», Desclée de Brouwer, 1976, page VII). Du reste, Chouraqui ne conteste pas la rédaction du Nouveau Testament en grec, comme on le voit dans son introduction à l’Evangile de Matthieu :

«Même si (Matthieu) cite (la bible) en grec, dans la version des LXX, ou librement en traduisant lui-même un texte qu’il connaît à peu près par cœur comme tous les lettrés d’Israël, l’auteur est très certainement imprégné d’hébraïsme. On le sent presque à chaque mot : même s’il est écrit en grec, même s’il connaît bien l’araméen, il pense tout d’abord dans la langue de la bible, en hébreu». (A. Chouraqui, «La Bible», Desclée de Brouwer, 1985, p. I875).

La Société Biblique date sa première édition du Nouveau Testament en hébreu en l’année 1892. (“The Gospel in many Tongues”, The British and Foreign Bible Society, 1965, p. 61).

Tresmontant fait longuement l’apologie du livre de «l’illustre exégète anglais (sic)» John A.T. Robinson, «Peut-on se fier au Nouveau Testament ?» (Lethielleux, 1980.) («Le Christ Hébreu», p. 60-68). Il déclare :

«Le livre de John A.T. Robinson est un beau livre, ce livre de haute science…». ( Le Christ Hébreu, p. 63).

Dans ce livre, l’évêque anglican Robinson propose de redater les écrits du Nouveau Testament. Il montre qu’ils ont pu être rédigés par la première génération chrétienne. Tresmontant souscrit à cette démonstration et nous pouvons être globalement d’accord. Seulement, Robinson nie qu’un des livres néotestamentaires ait été écrit dans une autre langue que le grec :

«Le Nouveau Testament se compose de vingt-sept «livres» séparés. On ferait donc mieux de le considérer comme un rayon de bibliothèque plutôt que comme un livre. Le tout a été écrit en grec. Je dis cela parce que certains pensent que l’Epître aux Hébreux doit avoir été écrite en hébreu, et l’Epître aux Romains en latin. Or, «Hébreux» signifie ici judéo-chrétiens, et, même à Rome, comme à travers toute la moitié orientale de l’Empire romain, la langue véhiculaire, la lingua franca de la plupart des échanges était le grec… il est significatif que tous les écrits chrétiens primitifs, y compris ceux qui proviennent de toute évidence du milieu palestinien, soient écrits en grec». («Peut-on se fier au Nouveau Testament ?», pages 35 et 36).

Claude Tresmontant devrait suivre l’avis de l’illustre exégète anglais sur ce point également.

En résumé, il est impossible de prouver qu’un seul livre du Nouveau Testament ait été rédigé en hébreu  avant d’être traduit en grec. Michael Schneider fait d’une hypothèse minoritaire parmi les spécialistes un pilier de sa doctrine messianique particulière. Pourtant, il nous semble que la preuve reste à apporter. Nous devons maintenir que le Nouveau Testament a été rédigé en grec et non en hébreu.

top 4. Pourquoi se donner tant de mal ?

C’est la question qui vient à l’esprit. Après tout que le Nouveau Testament ait été d’abord écrit en hébreu ou en grec n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est de savoir qu’il est la Parole de Dieu.

Nous pensons que cette question a des incidences importantes sur la doctrine, notamment au sujet de l’inspiration, du caractère normatif et de la transmission des Saintes Ecritures dans l’Église chrétienne. Nous citons ici la Confession de Foi de Westminster de 1649 :

«L’Ancien Testament en hébreu (langue maternelle de l’ancien peuple de Dieu) et le Nouveau Testament en grec (langue la plus répandue parmi les nations à l’époque de sa rédaction), directement inspirés par Dieu et gardés purs, au long des siècles, par sa providence et ses soins particuliers, sont authentiques». («Les Textes de Westminster», éditions Kerygma , 1988, p. 5).

Si notre Nouveau Testament grec n’est qu’une traduction, on ne peut plus le dire directement «inspiré par Dieu», ni «gardé pur» car les erreurs de traduction ne sont pas exclues, bref il n’est plus vraiment «authentique». Dès lors, c’est sa qualité de Parole de Dieu inspirée qui est remise en cause et il n’est plus vraiment normatif pour la foi de l’Église. On ne peut plus dire avec la Confession de Foi de Westminster :

«Aussi, dans les débats religieux, l’Église doit-elle, en fin de compte, s’y référer». (idem).

En outre, l’Ancien Testament en hébreu jouit alors d’une immense prérogative par rapport au Nouveau, puisque lui seul nous est conservé authentique. En somme, le Nouveau Testament n’est plus qu’une sorte de commentaire non garanti de l’Ancien. Si l’on veut une espèce de targum ou de talmud. Il est impossible d’accepter une telle position, car alors, c’est un pan entier de la doctrine chrétienne, le «Sola Scriptura», qui s’écroule.

Nous maintenons donc contre Michael Schneider et la tendance messianique qu’il incarne que le Nouveau Testament a été rédigé en grec et que c’est dans cette langue originale, il est la Parole inspirée de Dieu. Les traductions en d’autres langues sont utiles et nécessaires, y compris en hébreu. Mais elles ne sauraient «régler, fonder et établir» notre foi. («Confessio Belgica» de 1561). Seuls l’Ancien Testament en hébreu et en araméen et le Nouveau Testament en grec font foi.

top II.  Jésus, Dieu le Fils

Michael Schneider nous étonne beaucoup lorsqu’il affirme que l’expression «Dieu le Fils» ne se trouve pas dans le Nouveau Testament :

«Nous n’y trouvons pas l’expression «Dieu le Fils» qui vient des conciles et de «Pères de l’Église» antisémites».

«Encore une fois, nous ne voyons pas et pour cause dans le Nouveau Testament l’expression «Dieu le Fils». C’est du catholicisme».

Ici encore l’auteur a vite fait en besogne. L’expression «Dieu le Fils» serait une construction des conciles, des Pères antisémites et du catholicisme. Nous nous demandons ce que l’antisémitisme vient faire dans cette discussion doctrinale. Schneider fait vraiment flèche de tout bois. Nous maintenons que cette expression est parfaitement scripturaire et même qu’elle se trouve presque mot pour mot dans le Nouveau Testament :

«Personne n’a jamais vu Dieu, Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître». (Version La Colombe, Jean 1 : 18).

Nous trouvons donc cette expression «Dieu le Fils unique», qui, il faut bien l’avouer, est très proche de «Dieu le Fils». Sans entrer dans les détails de la critique textuelle, nous nous référons au «Nouveau Testament Interlinéaire grec/français» de Maurice Carrez, Alliance Biblique Universelle, 1993.

«Monogenès theos, Fils unique Dieu (p. I06)»

Qui est traduit dans les deux versions françaises citées en parallèle par :

«Dieu fils unique» (T.O.B.)

«Le Fils unique, qui est Dieu». (Bible en Français courant).

Le mot grec «monogenès» signifie «seul engendré» ou «unique enfant» d’après le dictionnaire grec/français. La Bible d’Etude Semeur 2000, Editions Exelcis 2001, présente une note intéressante :

«Litt. Dieu, le seul engendré (voir aussi le verset 14). Cet engendrement éternel, que Jean distingue radicalement de toute création (v. 1-3), exprime le rapport, en Dieu lui-même, du Fils avec le Père». (page 1581).

André Chouraqui a donné une traduction fidèle de ce verset :

«Elohïm, personne ne l’a jamais vu, l’unique Elohïm dans le sein du père, lui entraîne». («La Bible», Desclée de Brouwer, 1985, p. 2062).

Il est donc un peu rapide d’affirmer que l’expression «Dieu le Fils» est absente du Nouveau Testament. Michael Schneider veut prouver que le Seigneur Jésus n’est pas pleinement Dieu, parce que cela choque sa foi juive, mais il est clair qu’il y a ici une ligne de démarcation infranchissable entre le judaïsme et le christianisme.

Puisque Schneider apprécie l’opinion de Claude Tresmontant, nous allons examiner ce que ce dernier déclare à ce sujet. Trois textes sont très clairs :

«La Sainte Triade est maintenant, avec la définition du Symbole de Constantinople, au grand complet. C’est :

  1. Dieu appelé aussi le père, le créateur de tous les êtres visibles et invisibles.
  2. Jésus le Christ, le Fils de Dieu, c’est-à-dire Dieu qui s’est uni l’homme ou, ce qui revient exactement au même, l’homme véritable uni à Dieu véritable.
  3. L’Esprit de Dieu, c’est-à-dire l’Esprit du père, qui est aussi l’Esprit de Jésus, l’Esprit du Christ, puisque Jésus le Christ, c’est Dieu, c’est-à-dire le père, qui s’unit l’homme. Bien évidemment, il n’y a pas trois dieux, mais un seul Dieu, un seul principe, une seule substance spirituelle singulière». (C. Tresmontant, «Les premiers éléments de la théologie», O.E.I.L., I987, page 257).

On le voit, Tresmontant est trinitaire et il admet pleinement la divinité de Jésus-Christ.

«Un théologien judéen orthodoxe ne peut absolument pas admettre la Saint Triade telle que la pense saint Paul :

  1. Dieu, le père
  2. Jésus le Christ, le Fils de Dieu
  3. L’Esprit saint, c’est-à-dire l’Esprit de Dieu qui est aussi l’Esprit du Christ.

Il ne le peut pas, parce que cette théologie trinitaire-là, celle de saint Paul, fait intervenir, comme second terme, Jésus de Nazareth le Christ, le Fils de Dieu, en qui habite corporellement la plénitude de la divinité. C’est cette théologie trinitaire-là qui est spécifiquement chrétienne» (Idem, p. 265).

On ne peut pas mieux dire que ce qui fait la différence entre la foi juive et la foi chrétienne, c’est la doctrine de la trinité et par conséquent la pleine acceptation de la divinité de Jésus-Christ.

«Il existe une théorie de la Sainte Triade, qui était celle de Keiphas, de Schaoul qui est appelé aussi Paulus, de Iôhanan que nous appelons Jean, de Iaaqôb que nous appelons Jacques, et en somme de toute la première communauté de Jérusalem :

Cela ne fait pas trois dieux. Il n’y a qu’un seul Dieu» (idem p. 272).

Tresmontant croit et enseigne donc que la première communauté chrétienne de Jérusalem, celle qui était composée de Juifs, croyait à la trinité et à la parfaite divinité du Seigneur Jésus-Christ. Michael Schneider ferait bien de s’inspirer de son maître aussi sur ce point.

En résumé, lorsque Michael Schneider refuse d’admettre que Jésus soit Dieu le Fils, il rejette un enseignement clair du Nouveau Testament et non une doctrine des conciles, des Pères ou du catholicisme. Il est peut-être fidèle à sa foi juive mais il n’est pas chrétien car c’est précisément la doctrine de la divinité de Jésus-Christ et donc celle de l’incarnation qui fait la différence entre le judaïsme et le christianisme.

Nous ne reprochons pas son judaïsme à Schneider, nous lui contestons en revanche le droit de revendiquer son appartenance à la foi chrétienne. On ne peut pas en même temps professer la religion israélite et la religion chrétienne.

Nous reprochons à Schneider de ne pas choisir son camp, si bien qu’il n’est plus ni vraiment israélite ni vraiment chrétien.

Nous allons maintenant examiner de plus près la question de la divinité de Jésus-Christ. Les thèses ariennes de Michael Schneider sont en effet claires et inacceptables.

top III. La divinité de Jésus-Christ

La lecture des deux pages du document nous permet de vérifier aisément que l’auteur est un arien convaincu mais peu convaincant, ses positions ressemblent fortement à celles défendues par les Témoins de Jéhovah.

Il cite Jean 14:28 :

«Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi».

C’est un des textes préférés de l’organisation «Watchtower».

Cette dernière référence biblique stipule que le Père est plus grand que le Fils. Michael Schneider ne doit pourtant pas ignorer que les chrétiens n’ont jamais nié que dans son incarnation le Fils a été rendu inférieur aux anges qu’il a créés. D’autant plus l’était-Il à son Père !

«Tu l'as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges. Tu l'as couronné de gloire et d'honneur» Hébreux 2:7 .

Le Nouveau Testament enseigne clairement cet abaissement volontaire du Fils :

«Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu , mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.» Philippiens 2 :5-8 .

Loin de minimiser l’égalité du Fils et du Père, ce texte affirme que dans l’incarnation, Jésus lui-même en devenant serviteur, homme parmi les hommes, s’est en fait abaissé volontairement afin de venir nous sauver.

Monsieur Schneider aurait-il oublié le texte d’Ésaïe 35 où il est enseigné que Dieu vient lui-même accomplir l’œuvre du salut :

«Dites à ceux qui ont le cœur troublé: Prenez courage, ne craignez point; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu; Il viendra lui-même, et vous sauvera.» Esa 35:4.  

Les Ecritures enseignent qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15 : 13). Dieu n’aurait-Il pas manifesté le plus grand des amours ? Le Dieu des chrétiens vient Lui-même afin de nous sauver, alors que le dieu des ariens envoie quelqu’un d’autre accomplir l’œuvre de rédemption.

D’autres textes corroborent cette vérité de l’abaissement volontaire.

Nous pensons à 2 Cor. 8:9 :

«Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis».

«Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.» Jean 17 : 5 .  

Tombant dans la même erreur que les Témoins de Jéhovah, Michael Schneider s’imagine que la soumission de Jésus vis-à-vis de son Père équivaut à une infériorité.

Cette position est mise à mal par les textes sacrés !

Ainsi la soumission des serviteurs vis-à-vis des maîtres, : «Exhorte les serviteurs à être soumis à leurs maîtres, à leur plaire en toutes choses, à n'être point contredisants» Tite 2 : 9 de l’épouse envers son mari, «Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur.»  Col 3 : 18 du citoyen face au gendarme,  «Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu.» Romains 13 : 1 ou encore l’enfant Jésus confronté à Joseph et Marie ! «Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur.» Luc 2 : 51  

Tous ces passages n’enseignent absolument pas que nous soyons inférieurs à nos patrons, les épouses inférieures à leur mari ou encore le Fils de Dieu inférieur à Joseph et à Marie.

L’argument de l’auteur ne tient pas la route.

L’égalité du Père et du Fils est un axiome théologique amplement vérifié dans le Nouveau Testament, ainsi que le sous entend l’invitation formulée par le Seigneur Jésus lorsqu’il demande d’être honoré de la même façon que le Père ! (Ni plus, ni moins)

«afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé.» Jean 5 : 23 .

Ce passage précise clairement qu’on ne peut honorer le Père si Jésus n’est pas honoré de la même façon !

Concrètement Monsieur Schneider devrait comprendre que s’il aime le Père, il doit aimer Jésus de la même manière !

Il ne semble pas que l’auteur du pamphlet donne l’aval à ce qui précède :

«Des chrétiens prient Jésus. Yéchouâ nous enseigne à prier notre Père. Certes, nous pouvons parler à Yéchouâ, car il est vivant, il est ressuscité, mais il est venu pour ramener au Père, pas pour être le nouveau dieu du nouveau testament du nouveau peuple de Dieu».

Il est tout à fait apparent que Monsieur Schneider ne veut pas honorer Jésus de la même manière qu’il croit honorer le Père !

Il devra rendre compte de ses faux enseignements (2 Pierre 2 : 1).

La Bible enseigne que Jésus doit être prié :

«Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus !» Apocalypsec 22 : 20

Nous devons invoquer le nom de l’Eternel, gage de notre salut :

«Alors quiconque invoquera le nom de l'Éternel sera sauvé; Le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Comme a dit l'Éternel, Et parmi les réchappés que l'Éternel appellera.» Joël 2 : 32 .

«à l'Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre:» 1 Cor. 1 : 2 .

«Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu'il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.» 1 Jean 5 : 13-15 .

«A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.» Jean 5:18  

«Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit !  Puis, s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s'endormit.» Actes 7 : 59-60 .

Les quatre êtres vivants et les vingt quatre anciens, symboles de l’Église présentent à l’Agneau les prières des chrétiens !

«Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints.» Apocalypse 5:8  

L’apôtre Paul, un autre Juif célèbre priait le Seigneur Jésus !

«Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.» 2 Co 12:8-9 .  

Nous sommes donc en très bonne compagnie.

La prière est un acte d’adoration et il est évident que la Parole de Dieu nous demande d’adorer le Seigneur Jésus-Christ ainsi que le Père !

«Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.» Matthieu 2:11 .  

«Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu.» Matthieu 14:33 .  

Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes. Matthieu 28:17  

«Pour eux, après l'avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie;» Lu 24:52.

«Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui.» Jean 9:38.  

«Et lorsqu'il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l'adorent! » Hébreux 1:6.  

Le verbe grec utilisé «proskunéo» revient dans ces exemples mais également dans le texte suivant :

«Jésus lui répondit : Il est écrit: «Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.» Luc 4:8.

Or il est indéniable que dans ce texte il s’agit du Père. Nous comprenons aisément que Celui-ci et son Fils sont adorés.

Un passage biblique extrait de l’Ancien Testament démonte totalement la thèse chère aux ariens :

«L'Éternel avait fait alliance avec eux, et leur avait donné cet ordre: Vous ne craindrez point d'autres dieux; vous ne vous prosternerez point devant eux, vous ne les servirez point, et vous ne leur offrirez point de sacrifices.» 2 Rois 17:35.

«Je suis l'Éternel, c'est là mon nom; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles.» Esa 42:8.  

L’Eternel qui ne donne pas sa gloire à un autre, nous demande quatre choses primordiales :

  1. Ne pas craindre d’autres dieux.
  2. Ne pas se prosterner devant d’autres dieux.
  3. Ne pas servir d’autres dieux.
  4. Ne pas offrir de sacrifices à d’autres dieux.

«Psaume d'Asaph. Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu; Il juge au milieu des dieux. Jusques à quand jugerez-vous avec iniquité, Et aurez-vous égard à la personne des méchants? Pause. Rendez justice au faible et à l'orphelin, Faites droit au malheureux et au pauvre, Sauvez le misérable et l'indigent, Délivrez-les de la main des méchants. Ils n'ont ni savoir ni intelligence, Ils marchent dans les ténèbres; Tous les fondements de la terre sont ébranlés. J'avais dit: Vous êtes des dieux, Vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des hommes, Vous tomberez comme un prince quelconque. Lève-toi, ô Dieu, juge la terre! Car toutes les nations t'appartiennent.» Psaume 82.

Il est clair que les «Elohim» (de simples juges terrestres) n’ont strictement rien à voir avec Jésus.

Comme nous pouvons le cerner aisément, Jésus déclare que quiconque ne croit pas ce qu’il est vraiment mourra dans ses péchés :

«C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés.» Jean 8:24.  

Paul nous invite à reconnaître Jésus comme étant le grand Dieu et Sauveur !

«en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ» Tite 2:13.  

En grec, un seul article étant utilisé pour les deux noms «Dieu» et «Sauveur», grammaticalement, on doit appliquer «Grand Dieu» à Christ.

Le croyez-vous, Monsieur Schneider ?

Dans la négative, vous êtes toujours perdu dans vos péchés. Vous n’êtes pas un disciple de Jésus-Christ ni de son Père, mais un adepte d’Arius l’hérésiarque bien connu.

Enfin terminons notre exposé par les deux textes néo-testamentaires de Jean 8 :58 et Jean 18 :6.

Mais quelle est donc la force de cette expression «Je suis» revenant dans ces versets ?

Dans le premier et cela n’a pas échappé aux Juifs présents plus lucides que monsieur Schneider, Jésus proclame sa totale égalité et identité avec l’Eternel qui se révèle à Moïse ! (Exode 3 : 14).

«Jésus leur dit : en vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis». (Jean 8 : 58)

Comprenant la prétention légitime de Jésus, les Juifs ramassent des cailloux afin de lapider le Seigneur.

Dans le deuxième cas, le simple énoncé de ces paroles ineffables (Je suis) a pour résultat une culbute générale de ceux qui viennent l’arrêter. La question pertinente est posée. Quelle était donc la puissance à l’œuvre dans l’énoncé de ces paroles ?

Le drame chez Michael Schneider réside dans le fait qu’il voudrait rendre l’Evangile plus acceptable pour les Juifs en vidant Jésus de Sa divinité. Nous découvrons des indices de sa malheureuse initiative dans son article :

«Voici ce que nous pouvons dire à nos frères juifs, mais il serait faux et vain de leur apporter de fausses doctrines qui ne sont apparues que dans la chrétienté hellénisée du 2ème siècle».

Pour les chrétiens que nous sommes l’Eternel était le Rocher qui accompagnait Israël dans le désert (Ésaïe 44 : 8) et l’apôtre Paul affirme que ce Rocher était Christ ! (1 Corinthiens 10 : 4). Jamais nous n’accommoderons cette doctrine capitale afin d’obtenir du succès dans un prosélytisme de mauvais aloi. Jésus est le Dieu Sauveur de tous ou Il n’est le Dieu Sauveur de personne !

 

top IV.  L’usage chrétien de la loi de Moïse

Pour Michael Schneider, être né de nouveau et par conséquent enfant de Dieu, c’est accomplir les commandements de la loi de Moïse.

«Nous devons naître de nouveau, d’eau, du Souffle, d’en haut. Naître de nouveau, c’est naître en tant qu’enfants de Dieu («Fils du Suprême). Et comment le devenir ? Etre «ben» («fils» ?), c’est être subordonné, c’est accomplir les commandements, de tout son cœur, avec un cœur nouveau. C’est ainsi que les commandements sont gravés dans le cœur. (Yéchouâ n’invente rien ici : il approfondit la Tora, tout comme il le dit lui-même !)».

Ceci nous amène à préciser maintenant quel est le rôle de la loi de Moïse dans la vie chrétienne. Nous allons étudier ce thème avec les passages bibliques appropriés.

La loi de Moïse est une partie importante de l’Ecriture Sainte. Elle est donc utile à notre croissance spirituelle, jusqu’à devenir des hommes et des femmes accomplis.

«Toute l’Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre» (1 Timothée 3 : 16-17).

Pourtant, il est bien connu que les chrétiens ne sont plus «sous la loi, mais sous la grâce» (Romains 6 : 14). Cela ne signifie bien sûr pas que la loi soit inutile, car Jésus affirme qu’elle ne disparaîtra pas avant la fin des temps (Matthieu 5 : 17-18). Nous sommes alors amenés à nous demander quel est l’usage chrétien de la loi.

Avant d’essayer d’y voir clair, il faut savoir que la loi de Moïse comporte trois aspects :

Afin de ne pas errer, nous suivrons d’assez près «L’Institution Chrétienne», livre II, chapitre VII, de Jean Calvin (1509-1564).

top 1.  La loi de Moïse est un pédagogue qui conduit au Christ

A ce titre elle est l’attente du Christ et elle a un sens spirituel. Il serait insensé de penser que la réconciliation avec Dieu puisse être acquise par l’offrande de la graisse et du sang d’animaux (Hébreux 10 : 4 et 11). En fait les cérémonies du tabernacle étaient les symboles des réalités spirituelles (Hébreux 8 : 5).

Elles ont donc, pour les chrétiens, un rôle pédagogique (Hébreux 9 : 9-10), pour les amener à adorer Dieu «en esprit et en vérité»  (Jean 4 : 24) : elles nous révèlent la sainteté de Dieu et la nécessité du sacrifice du Christ.

La loi annonce alors le Christ et prépare sa venue en même temps qu’elle la fait désirer. Son but final est l’accomplissement de la promesse de Dieu d’envoyer un Sauveur (Romains 10 : 4). C’est en cela qu’elle conduit à Christ.

La loi est bonne et sainte, mais son rôle est de garder les hommes en vue de la foi dans le Christ (Romains 7 : 12 – et Galates 3 : 23-25). Les dix commandements, en tant que loi morale, doivent être considérés comme des préceptes qui conduisent au Christ, car sans lui nous ne pouvons pas être justifiés devant Dieu. La loi ne peut pas justifier, parce que nous sommes incapables de l’observer (Galates 2 : 16).

Donc la loi produit la condamnation, car, si tous les hommes sont pécheurs, la loi les condamne tous (Romains 7 : 10-13). Celui qui prétend être justifié par la pratique de la loi subit donc sa malédiction (Galates 3 : 10-12).

Cela fait que la loi amène à rechercher la grâce. Quand Dieu nous pardonne gratuitement, il nous fait participer à ses promesses sans mérites de notre part. (Romains 3 : 20-21).

Personne ne peut observer la loi, car la transgression d’un seul commandement rend coupable de tous (Jacques 2 : 10-11). Le but de la loi est de nous amener au salut. (Hébreux 7 : 19). Elle est bonne et Dieu en est l’auteur, mais notre état de pécheur lui retire son efficacité salvatrice (Romains 8 : 3).

top 2. Les trois usages de la loi morale

Le premier usage de la loi morale est de nous révéler la justice de Dieu et notre propre injustice. Par elle, nous avons la connaissance du péché (Romains 3 : 20). Notre incapacité à observer la loi abat notre orgueil (Romains 7 : 7).

La loi est comme un miroir qui nous montre notre faiblesse. Elle aggrave le péché, parce qu’elle retire toute excuse et excite la convoitise (Romains 5 : 20 et 7 : 7-13). Elle devient une nouvelle occasion de péché. En connaissant notre culpabilité, grâce à la loi, nous sommes préparés à recevoir la grâce et la justification gratuite dans le Christ (Romains 3 : 19).

Nous devons citer Augustin (354-430) :

«La loi commande, afin que nous étant efforcés de faire ses commandements, et succombant par notre faiblesse, nous apprenions à implorer l’aide de Dieu». (Epître à Hilaire CLVII, ch. II, 9).

«L’utilité de la loi est de convaincre l’homme de sa faiblesse, et de le contraindre à demander le remède de la grâce qui est dans le Christ» (Epître à Asellicus CXCVI, ch. II, 6).

Le deuxième usage de la loi morale est de tenir les pécheurs en bride par ses menaces. Elle limite les conséquences du péché dans la société (1 Timothée 1 : 8-11).

Elle éduque l’homme jusqu’à ce qu’il soit régénéré et reçoive le Saint-Esprit (Galates 5 : 18).

Le troisième usage de la loi morale est de faire connaître aux chrétiens la volonté de Dieu. Elle est écrite dans les cœurs des croyants par le Saint-Esprit et elle balise leur marche dans la sanctification (Hébreux 8 : 10).

Elle ramène les chrétiens à l’obéissance et elle leur rappelle que la chair doit être sans cesse crucifiée (Galates 5 : 16-18).

Ceux qui veulent rejeter la loi, comme Marcion dont nous reparlerons, sont dans l’erreur. Car alors, il ne reste plus aucun point de repère objectif dans la marche des chrétiens.

top 3. En quoi la loi est-elle abolie en Christ ?

La loi morale est abolie dans le sens que sa malédiction a perdu son effet, mais l’obéissance que nous lui devons demeure (Galates 3 : 13).

«L’enseignement de la loi n’est en rien violé par Jésus-Christ, car cet enseignement nous dresse à toute bonne œuvre, en nous enseignant, admonestant, reprenant et châtiant» (Calvin).

La loi cérémonielle est abolie dans son usage, mais son enseignement spirituel demeure (Hébreux 10 : 9). Elle est l’ombre du Christ qu’elle annonce prophétiquement (Hébreux 10 : 1). Sous la grâce, l’observance de la loi cérémonielle est nuisible, parce qu’elle nous éloigne du Christ (Colossiens 2 : 16-17 et 20-23).

A la croix, les prescriptions de la loi cérémonielle sont anéanties et Juifs et païens deviennent un seul homme nouveau. C’est en effet la loi cérémonielle qui les séparait (Ephésiens 2 : 14-16).

Tout cela se trouve résumé dans le fait que le rideau du temple s’est déchiré à la mort du Christ (Matthieu 27 : 51). Michael Schneider ne doit pas le recoudre !

La loi civile était la législation du peuple hébreu. Ses règles ne sont pas applicables à nos sociétés. Le Nouveau Testament nous apprend que le domaine de l’Etat et celui de l’Église chrétienne doivent rester séparés (Matthieu 22 : 21).

En résumé, la pratique de la loi de Moïse ne peut amener quiconque au salut (Romains 3 : 20 et Galates 2 : 16). Cependant son aspect moral demeure comme un guide de la sanctification ; son aspect cérémoniel est accompli et aboli dans le Christ et son aspect civil est caduc.

D’un point de vue pratique, on peut résumer l’usage chrétien de la loi de Moïse en trois points :

  1. Elle convainc de péché, de justice et de jugement par l’action du Saint-Esprit.
  2. Elle amène les pécheurs à accepter le Christ comme Sauveur et Seigneur.
  3. Elle jalonne la marche dans la sanctification et révèle la volonté de Dieu.

Cette mise au point un peu théologique, dont nous nous excusons, coupe court à l’essai de Michael Schneider de réintroduire le légalisme (salut par la loi) dans l’Église chrétienne.

 

top V.  Les deux dieux de Marcion

Michael Schneider pense que croire à la divinité de Jésus revient à affirmer l’existence de deux dieux comme nous allons le constater maintenant. Autrement dit, il n’a rien compris à la doctrine de la trinité.

«(Jésus) n’est pas venu pour être «le nouveau dieu du nouveau testament du nouveau peuple de Dieu». Cela nous rappelle trop la doctrine des démons de Marcion, dès le IIème siècle de l’ère chrétienne, qui triait les Ecritures pour enseigner la différence entre l’ancien dieu juif coléreux et le nouveau dieu chrétien miséricordieux. Bien qu’il ait été déclaré hérétique, ses idées ont fondé l’antisémitisme théologique chrétien».

Marcion (+ 160) est né dans la ville de Sinope, sur la côte sud de la Mer Morte. Son père, qui était évêque de la ville, l’avait déjà excommunié. Les mauvaises langues disent parce qu’il avait violé une jeune fille, les gens sérieux parce qu’il professait des doctrines hérétiques.

Toujours est-il, qu’il est arrivé à Rome en 138, où il a écrit les «Antithèses» qui lui valurent une nouvelle excommunication en 144. Il fonda alors une Église rivale qui a subsisté jusqu’au Vème siècle.

La fausse doctrine de Marcion est assez simple. Elle ressemble au gnosticisme sur certains points :

  1. Il existe deux dieux : un dieu inférieur auteur de l’Ancien Testament et créateur de ce monde mauvais, et un dieu bon père de Jésus-Christ et auteur du Nouveau Testament. Cette doctrine s’appelle le dualisme.
  2. Il faut rejeter l’Ancien Testament dans son entier et tout ce qui dans le Nouveau Testament rappelle l’Ancien. Ne sont retenus du Nouveau que l’Evangile de Luc et les Epîtres de Paul, sauf les Pastorales. En outre, toutes les citations de l’Ancien Testament sont expurgées.
  3. L’incarnation est l’œuvre du dieu mauvais, le Christ ne s’est incarné qu’en apparence. Cette fausse doctrine s’appelle le docétisme.
  4. Le salut ne peut s’obtenir que par une ascèse stricte et un isolement du monde radical. Le mariage et la procréation sont des péchés.

Quiconque est tant soit peu familier avec la doctrine chrétienne, n’a pas de mal à constater l’incompatibilité de ces doctrines avec la véritable foi. Marcion a été condamné dans tout le monde chrétien, on peut dire qu’il a fait l’unanimité contre lui : Irénée de Lyon, Tertullien en Afrique, Hippolyte de Rome, Clément d’Alexandrie…

Pour tous ceux qui désirent plus de renseignements, nous conseillons de Hubertus R. Drobner. «Les Pères de l’Église», Desclée, 1999, p. 113-114.

M. Schneider s’abuse donc et nous abuse lorsqu’il ramène la doctrine chrétienne à celle de Marcion. Justement l’Église chrétienne a préservé l’Ancien Testament de la destruction de Marcion et elle a affirmé l’unité de Dieu et la divinité de Jésus-Christ en réponse à son dualisme.

«Au IIème siècle, Marcion conteste le choix que fait l’Église de conserver ses racines vétéro-testamentaires. Il pense en effet qu’il y a deux dieux : le Démiurge, Dieu de la création et de l’ancienne alliance, est un dieu mauvais ; le vrai Dieu est celui qui s’est révélé en Jésus-Christ. Du coup Marcion propose, le premier un canon chrétien qui ne contient plus l’Ancien Testament, et supprime même du Nouveau tous les textes jugés trop dépendants de la tradition juive… Cette position extrême fut une tentation redoutable pour bien des chrétiens, qui obligeait à préciser les choses. En même temps que le processus canonique se poursuit un grand travail d’interprétation des Ecritures juives, pour expliquer pourquoi on les garde : à leur façon, et si l’on sait les lire dans leur sens spirituel, c’est le Christ qu’elles enseignent. Elles font partie de la révélation chrétienne (Bernard Meunier, « La Naissance des Dogmes Chrétiens», les Editions de l’Atelier, 2000, p. 18).

On le voit ici, ce qui est grave dans la position de Michael Schneider, c’est qu’il s’en prend à la fois à l’intégrité de la Sainte Ecriture en dépréciant le Nouveau Testament et à la divinité de Jésus-Christ. Or les deux doctrines sont inséparables, comme l’a dit Blaise Pascal :

«Jésus-Christ que les deux testaments regardent, l’ancien comme son attente, le nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre».

Michael Schneider essaie d’accorder sa doctrine avec le judaïsme, mais est-elle encore chrétienne ?

top Conclusion

Nous avons pu amplement le vérifier, les thèses de Michael Schneider ne résistent pas à la lumière d’un examen plus approfondi. Ses doctrines sont totalement fausses et elles tentent à ébranler des doctrines capitales. L’autorité du Nouveau Testament, la pleine divinité de Christ, la trinité, les rapports chrétiens avec la loi juive, l’Église, ne sont pas, vous en conviendrez de la roupie de sansonnet.

Il faut admettre que Michael Schneider n’est pas chrétien et que nous ne pouvons en âme et conscience lui laisser la tribune dans nos communautés. Il y sèmerait la discorde, le désordre et l’hérésie. Nous tenons encore une fois à bien établir une différence entre son messianisme et celui de nos frères et amis messianiques dans le monde. Il ne s’agit pas du même combat !

Que le Dieu de vérité nous garde et nous protège et que les yeux de Michael Schneider puissent s’ouvrir, c’est notre prière.

Jacques Lemaire. Christian Piette.