NDLR: Nous publions cet article discutant la science et l’étude des origines. Nos différents échanges controversés relatifs aux pseudo-médecines, pseudo-sciences, et philosophie quasi-religieuse aboutissent souvent à la question des origines et de l’infaillibilité des Écritures. Cet article montre que la foi chrétienne ne repose pas sur un ou plusieurs mythes.


(Tel que publié dans le Journal of Creationism, Vol. 23:3, décembre 2009, pp. 121-127.)

Cette année, le bicentenaire de la naissance de Darwin et le 150ème anniversaire de la publication de son livre célèbre, a vu beaucoup de réflexion sur l’histoire de la théorie de l’évolution. En effet, il est difficile pour un créationniste du 21e siècle d’apprécier l’optimisme étourdissant qui entourait l’évolutionnisme d’il y a un siècle. Les observations scientifiques directes sur le terrain avaient été formalisées en un argument cohérent pour les origines naturalistes au détriment du créationnisme surnaturel. Cela a commencé avec Charles Lyell voyageant de façon intensive en Europe et en Amérique du Nord pour recueillir des faits géologiques en faveur de ses théories du gradualisme uniformitariste. Les idées de Charles Darwin provenaient de son travail de terrain lors de son voyage maintenant célèbre et de ses observations en tant que naturaliste. Quelques décennies après les écrits de Darwin, une série de découvertes de fossiles d’hominidés (comme les Néandertaliens, l’homme de Java et l’homme de Piltdown) semblaient confirmer des prédictions clés sur l’évolution humaine. Les arguments d’Haeckel en matière d’embryologie furent présentés de manière proéminente. Huxley offrit à Bathybius, la boue draguée du fond de l’océan, comme le lien entre les substances chimiques non vivantes et la vie simpliste. Les créationnistes, d’un autre côté, étaient divisés et incapables de mettre sur pied une réfutation efficace.

Au début du XXe siècle, quelques difficultés ont émergées dans la théorie de l’évolution, dues à la spécialisation accrue des biologistes et à la difficulté de concilier une recherche génétique naissante avec l’évolution graduelle et le mécanisme de la sélection naturelle. Pendant la décennie de 1936 à 1947, la synthèse darwinienne a réconcilié les idées de plusieurs branches de la biologie qui s’étaient séparées, en particulier la génétique, la systématique, la morphologie et la paléontologie. À certains égards, cette période fut le point culminant scientifique de l’évolutionnisme. La synthèse darwinienne devint le paradigme dominant incontesté de la communauté scientifique.

Encore aujourd’hui, la position scientifique de presque toutes les grandes universités et institutions gouvernementales demeure inchangée. Mais depuis le milieu du 20ème siècle une nouvelle tendance intéressante a émergé. Les théoriciens de l’évolution ont été contraints, étape par étape, de renoncer progressivement aux preuves sur le terrain. Certaines des preuves mentionnées ci-dessus ont été démontrées être des fraudes et des canulars. D’autres découvertes ont porté un coup aux attentes et aux prédictions des évolutionnistes. De plus en plus, ils ont été contraints d’intégrer des mécanismes ad hoc dans la théorie de Darwin pour accommoder les preuves. Leur retraite vers des positions infalsifiables est maintenant évidente dans tous les domaines où ils ont  triomphé. Examinons comment les théoriciens darwiniens sont passés de prédictions concrètes et preuves scientifiquement observables à des positions métaphysiques dans plusieurs domaines clés de la recherche.

Cosmologie

Le paradigme régnant en cosmologie est le Big Bang. Malgré des observations initiales prometteuses d’un univers en expansion et d’un fond diffus cosmologique, l’idée d’une origine explosive non guidée par une main intelligente s’avère de plus en plus problématique. Ces dernières années, il est devenu clair qu’il existe de nombreuses propriétés de notre univers qui, si elles étaient légèrement différentes, rendraient la vie impossible. De plus, il semble même que notre place dans la galaxie soit intentionnelle.i

Les chances d’un Big Bang fortuit produisant un tel univers sont incroyablement petites. Les cosmologistes évolutionnistes ont réagi en spéculant sur d’autres univers différents de notre univers (“multivers”), pour améliorer les chances d’un tel univers idéal existant par hasard. “Manquant d’invoquer un créateur bienveillant, beaucoup de physiciens ne voient qu’une seule explication possible: notre univers n’est peut-être qu’un des univers peut-être infiniment nombreux dans un multivers inconcevable. La plupart de ces univers sont stériles, mais certains, comme le nôtre, ont des conditions favorables à la vie.”ii Bien sûr, tous ces autres univers sont toujours au-delà de notre détection. Ils sont une construction métaphysique, une position de pure foi. La “théorie des cordes,” une branche de la physique théorique qui, malgré deux décennies de travaux, n’a pas encore produit de confirmation expérimentale, est prédominante dans les modèles multivers. Toutes les preuves observables indiquent que notre univers a été délibérément conçu.

La théorie du Big Bang a rencontré d’autres problèmes. L’univers est beaucoup trop grumeleux. Cela n’a pas de sens qu’il y aurait de vastes espaces vides entre les galaxies avec des milliards d’étoiles. Les scientifiques ont postulé l’existence de la matière noire froide pour résoudre ce problème. Il n’y a pas de preuve claire à ce sujet; ce n’est qu’une construction pour sauver la théorie. De plus, la preuve expérimentale montre que l’univers présent a une courbure géométrique très faible dans son espace-temps (il est presque plat). Les arguments théoriques bien établis suggèrent qu’il s’agit d’un résultat très improbable de l’évolution de l’univers à partir d’un Big Bang, à moins que la courbure initiale soit confinée à une gamme de possibilités incroyablement étroite. Bien que ce ne soit pas impossible, cela ne semble pas très naturel. Les théoriciens ont postulé “l’inflation” au début du Big Bang, mais c’est un ajout ad hoc supplémentaire pour essayer de résoudre les problèmes.

Pendant de nombreuses années, les créationnistes ont soutenu que l’existence de comètes dans notre système solaire est une indication d’une jeune Terre.iii Si la Terre avait des milliards d’années, toutes les comètes auraient dû brûler depuis longtemps. Les évolutionnistes ont répondu en proposant un essaim de noyaux de comètes à la périphérie de notre système solaire (le nuage d’Oort) commodément au-delà de notre observation. Ce nuage d’Oort est encore une hypothèse sans support empirique.

Tout en critiquant l’origine surnaturelle (et scientifiquement inobservable) présentée dans Genèse 1, les évolutionnistes ont fini eux-mêmes par se replier sur des positions métaphysiques. Paul Davies déclare que le Big Bang “représente la suspension instantanée des lois physiques, le soudain brusque éclat de l’anarchie qui a permis à quelque chose de sortir de rien. Cela représente un vrai miracle…”iv

Géologie

Les géologues évolutionnistes ont largement abandonné l’uniformitarisme classique adopté par Lyell il y a un siècle. Ils admettent maintenant que les grands gisements de la terre ont été déposés de façon catastrophique. Carlton Brett, de l’Université de Cincinnati a déclaré: “L’accumulation du registre stratigraphique permanent implique dans de nombreux cas des processus qui n’ont pas été, ou ne peuvent pas être observés dans les environnements modernes…il y a des événements extrêmes…avec des magnitudes si grandes et dévastatrices qu’ils n’ont pas été, et ne pourraient probablement pas, être observés scientifiquement.”v

Considérons les commentaires de David Raup de l’Université de Chicago: “…les géologues et les paléontologues contemporains acceptent généralement la catastrophe comme un “mode de vie”, bien qu’ils puissent éviter d’utiliser le mot catastrophe… Les périodes de calme relatif ne représentent qu’une petite partie du registre. Le temps est presque révolu où un géologue regarde une telle séquence, mesure son épaisseur, estime la quantité totale de temps écoulé, puis divise l’un par l’autre pour calculer le taux de dépôt en centimètres par millier d’années.”vi

Bien que maintenant engagés dans le néo-catastrophisme, ces évolutionnistes chercheront toujours à protéger la colonne géologique standard avec ses grands éons dans lesquels l’évolution peut se produire. Ils soutiennent que de multiples catastrophes ont constitué la colonne géologique; cependant, ils étaient séparés par de longues périodes de calme géologique. “L’ouragan, l’inondation ou le tsunami peuvent faire plus en une heure ou un jour que les processus ordinaires de la nature n’ont accompli en mille ans….En d’autres termes, l’histoire de n’importe quelle partie de la terre, comme la vie d’un soldat, se compose de longues périodes d’ennui et de courtes périodes de terreur.”vii

Mais il y a peu de preuves empiriques pour les “longues périodes d’ennui” puisque la plupart des couches géologiques sont conformes et ne montrent aucune preuve d’érosion ou de bioturbation. John Morris expose succinctement les choses: “La preuve du temps est le manque de preuve physique. Pratiquement toutes les preuves réelles dans les roches indiquent des processus d’inondation catastrophiques qui ne durent que peu de temps.”viii

Paléontologie

La plus grande difficulté perçue pour le darwinisme il y a un siècle était l’absence de formes transitionnelles confirmatrices documentant la transformation graduelle proposée à partir d’un ancêtre commun. Darwin a écrit, “La géologie ne révèle certainement aucune série organique si bien échelonnée, et c’est là, peut-être, que se trouve l’objection la plus apparente et la plus sérieuse qu’on puisse opposer à la théorie. Je crois que l’explication se trouve dans l’état d’imperfection des documents que la géologie met à notre disposition.” Stephen Gould, de l’Université Harvard, a conclu, “Les archives fossiles ont causé plus de chagrin que de joie à Darwin. Rien ne l’affligea plus que l’explosion cambrienne, l’apparence coïncidente de presque tous les dessins organiques complexes…”x

C’était l’espoir sincère de Darwin que plus tard les découvertes de fossiles résoudraient cette “objection sérieuse” contre sa théorie. Les principaux évolutionnistes ont admis que cet espoir doit maintenant être abandonné. “Darwin lui-même, …a prophétisé que les futures générations de paléontologues combleraient ces lacunes par une recherche diligente …Cent vingt ans de recherches paléontologiques plus tard, il est devenu très clair que le registre fossile ne confirmera pas cette partie des prédictions de Darwin. Le problème n’est pas non plus un registre misérable. Le registre fossile montre simplement que cette prédiction est erronée.”xi

Quatre caractéristiques non darwiniennes sont abondantes dans le registre fossile: l’apparition abrupte, la stase après cette apparition, les lacunes systématiques entre les formes de vie, et l’absence de phylogénie identifiable (ancêtres évolutionnaires et descendants). Stephen Gould a résumé cela dans son oeuvre maîtresse The Structure of Evolutionary Theory: “…Le récit lui-même illustre si bien le fait central du registre fossile – l’origine géologiquement abrupte et la stase subséquente de la plupart des espèces…. L’anatomie peut fluctuer avec le temps, mais les derniers vestiges d’une espèce ressemblent beaucoup aux premiers représentants.”xii

Mais plutôt que de concéder que les fossiles ne fournissent aucune preuve convaincante d’une évolution graduelle et que l’explosion cambrienne ressemble beaucoup à la création, les évolutionnistes de premier plan ont postulé que toute l’évolution se produisait en effusions soudaines, trop rapidement pour être enregistrées dans le registre fossiles (équilibre ponctué). “Le registre révèle maintenant que les espèces survivent généralement pendant une centaine de milliers de générations, voire un million ou plus, sans beaucoup évoluer. Nous semblons obligés de conclure que la plupart des évolutions se déroulent rapidement…un modèle ponctuel d’évolution…opéré par un mécanisme naturel dont les effets majeurs sont provoqués exactement là où nous sommes le moins capables de les étudier – dans de petites populations localisées et transitoires…L’idée ici est que si la transition était généralement rapide et la population petite et localisée, les preuves fossiles de l’événement ne seraient jamais trouvées.”xiii

Ces effusions sont précédées et suivies de longues périodes de stase. Une fois de plus on dit que l’évolution se passe derrière le rideau où elle ne peut pas être observée, à l’abri de la falsification. “Les paléontologues ont payé un prix énorme pour l’argument de Darwin. Nous nous considérons comme les seuls vrais étudiants de l’histoire de la vie, mais pour préserver notre récit favori de l’évolution par la sélection naturelle, nous considérons nos données comme si mauvaises que nous ne voyons presque jamais le processus même que nous professons étudier….”xiv Il s’agit d’une retraite claire vers une position métaphysique, et non empirique encore une fois!

La biologie

Les scientifiques classiques croyaient, il y a deux cents ans à peine, au vitalisme, l’idée que la matière non vivante comme la terre, le foin humide ou la viande en décomposition avait une vitalité innée telle qu’une vie “simple” en émanait spontanément. Seulement quelques années après que Darwin ait publié son travail séminal, Louis Pasteur a mené la fameuse réfutation scientifique de la génération spontanée dans laquelle il a stérilisé et scellé des pots de nutriments, démontrant que seule la vie engendre la vie – la loi de la biogenèse. Sans se laisser décourager, Thomas Huxley poursuivit courageusement un scénario naturaliste d’origine de la vie, inventant le terme d’abiogénèse. Dans un essai, il écrit, “Le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote sont tous des corps inanimés. Parmi ceux-ci, le carbone et l’oxygène s’unissent dans certaines proportions et dans certaines conditions pour donner de l’acide carbonique; l’hydrogène et l’oxygène produisent de l’eau; l’azote et d’autres éléments donnent naissance à des sels azotés. Ces nouveaux composés, comme les corps élémentaires dont ils sont composés, sont sans vie. Mais quand ils sont réunis, dans certaines conditions, ils donnent naissance à un corps encore plus complexe, le protoplasme, et ce protoplasma présente le phénomène de la vie. Je ne vois aucune rupture dans cette série d’étapes dans la complication moléculaire…”xv

Des millions de dollars et d’innombrables heures ont été dépensés en laboratoire pour essayer de mettre au point un mécanisme de synthèse de la vie. Mais plus on en apprend sur la structure de la cellule, plus le gouffre apparaît entre la chimie brute et la forme de vie autorépliquable imaginable la plus simple. Hoyle emprunta à ses collègues scientifiques leur croyance dans l’abiogénèse: “Ils préconisent la croyance que caché dans la nature, en dehors de la physique normale, il y a une loi qui fait des miracles (à condition que les miracles soient une aide pour la biologie). Cette curieuse situation repose étrangement sur une profession qui a longtemps été consacrée à l’élaboration d’explications logiques des miracles bibliques.”xvi

La réponse de nombreux évolutionnistes a été de postuler des lois inconnues de la prédestination chimique. Paul Davies a imaginé que “des sortes de processus physiques auto-organisants pourraient élever un système physique au-dessus d’un certain seuil de complexité et à partir de ce point ces nouvelles lois de complexité commenceraient à se manifester, conférant au système une efficacité inattendue à s’auto-organiser et s’auto-complexifier. …Selon l’ordre de ces lois, le système pourrait être rapidement orienté vers la vie.”xvi ReMine souligne qu'”Il remplace simplement les anciennes forces mystiques inconnues par de nouvelles forces “naturalistes” inconnues. De toute façon il ne s’agit pas de science.”xviii

Au cœur de la biologie de l’évolution est l’idée de la sélection naturelle. Mais la sélection naturelle a été formulée de diverses manières pour donner aux théoriciens de l’évolution un avantage maximum. Lorsqu’ils sont confrontés au raisonnement circulaire inhérent à la “survie du plus apte,” les apologistes évolutionnistes se replient souvent vers des scénarios spéciaux simplistes ou montrent comment les monstres inaptes sont clairement éliminés par la sélection naturelle. L’argumentation de Kitcher suit cette ligne: “L’exemple de coloration cryptique chez les mites fournit une démonstration particulièrement bonne de la façon dont les allégations sur les raisons de la valeur sélective peuvent être évaluées de façon indépendante.”xix Mais même si cela était vrai, elle n’a aucun pouvoir explicatif comme théorie générale. .

En fin de compte, le seul pouvoir explicatif large vient d’une formulation métaphysique qui est complètement impossible à tester. Voici l’orientation prise par Dobzhansky: “Aucun biologiste ne peut juger de manière fiable quelles caractéristiques sont neutres, utiles ou nuisibles à une espèce donnée.”xx Les darwinistes semblent préférer l’équivoque et un assortiment amorphe de théories ad hoc (comme l’hypothèse de la reine rouge, l’hypothèse stationnaire, l’hypothèse de l’équilibre changeant, et d’autres histoires “ad hoc”) qu’admettre que la sélection naturelle scientifique se limite à être un simple mécanisme de conservation (comme les créationnistes l’ont toujours soutenu).

La génétique

Claude Shannon a d’abord formulé une définition de l’information dans son livre de 1948, The Mathematical Theory of Communications. La théorie de l’information de Shannon convient pour décrire les aspects statistiques de l’information, par exemple les propriétés quantitatives des langues qui dépendent des fréquences. Rien ne peut être dit sur le sens ou non d’une séquence donnée de symboles. La question de la correction grammaticale est également complètement exclue à ce niveau.”xxi Les créationnistes comme Werner Gitt ont mené la charge en développant la théorie de l’information moderne et en l’appliquant à la génétique et au débat sur les origines.xxii La théorie de l’information prédit que des routines informatiques tout aussi utiles ne se produiront pas de manière aléatoire, de sorte que l’augmentation de l’information de l’ADN pour coder les fonctions biologiques ne se produira pas sans une intervention intelligente.

Certains évolutionnistes reconnaissent le problème. “La théorie de la communication – ou la théorie de l’information, comme elle est connue aujourd’hui – dit que le bruit détruit l’information, et que le processus inverse, la création d’informations par le bruit, semblerait être un miracle. Un message émergeant par lui-même d’un silence radio serait aussi surprenant que la marée faisant des empreintes sur la plage. Nous revenons sans cesse au même vieux problème: la seconde loi de la thermodynamique insiste sur le fait que l’information ne peut pas plus naître spontanément que la chaleur peut passer du froid au chaud.”xxiii

Mais la plupart des darwinistes préfèrent brouiller les cartes en utilisant des définitions simplistes et imprécises de l’information comme celle développée par Shannon.xxiv Non seulement cette obfuscation joue en leur faveur, mais elle place l’analyse de l’information dans un domaine où la quantification et l’analyse rigoureuse deviennent extrêmement difficiles, voire impossibles.

Les évolutionnistes ont montré peu d’intérêt pour la modélisation précise de la génétique des populations. Les créationnistes ont développé un programme informatique remarquable appelé Mendel pour aider à cette modélisation.xxv La réponse des darwinistes a été décevante. La génétique des populations en général, et le dilemme de Haldane en particulier, ont été un défi pour les scénarios évolutifs. Haldane a démontré qu’il y avait des limites sévères à la vitesse à laquelle l’évolution pouvait se produire en raison de la rareté des mutations bénéfiques et des taux de reproduction réalistes.xxvi Les évolutionnistes ont cherché à enterrer le problème et à laisser la confusion régner plutôt que d’adopter une science vérifiable.

L’une des tactiques de débat préférées des évolutionnistes a été d’obscurcir ces questions avec des arguments de probabilité nébuleux. Qu’ils soient confrontés aux défis de l’origine de la vie, à la complexité biologique ou aux arguments de la génétique des populations, les darwinistes sont enclins à se replier vers le confort du temps long pour permettre les exploits biologiques impossibles. “Le temps est en fait le héros de l’intrigue…si on lui donne autant de temps, l’impossible devient possible, le possible probable, et le probable virtuellement certain. Il suffit d’attendre: le temps lui-même fait des miracles.”xxvii

Conclusion

Malheureusement, le retrait des positions scientifiquement vérifiables s’est accompagné d’une arrogance et d’une intolérance encore plus grandes de la part des évolutionnistes. Au lieu de débattre de ces questions, ils préféraient rabaisser l’opposition et déclarer pompeusement la théorie de l’évolution au-delà de tout besoin de vérification. Cela a commencé au milieu du XXe siècle et continue aujourd’hui avec le politiquement correct dans le milieu universitaire et le déni des opportunités scientifiques pour les créationnistes et les théoriciens du dessein intelligent.xxviii

La déclaration historique de Teilhard illustre une telle arrogance: “L’évolution est au dessus de toute vérification, comme aussi à l’abri de tout démenti ultérieur de l’expérience….Une théorie, un système, ou une hypothèse, l’évolution?… Non point : mais, bien plus que cela, une condition générale à laquelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes. Une lumière éclairant tous les faits, une courbure que doivent épouser tous les traits.”xxix

Peut-être qu’aucune meilleure confirmation du déplacement vers le métaphysique dans l’évolution ne peut être fournie que par le “volte-face” exécuté par l’évolutionniste Michael Ruse. Le Dr Ruse était le témoin expert en philosophie des sciences dans le procès historique de la Cour suprême, Edwards vs Aguillard. Sa position publique à cette époque était claire: “L’évolution est un fait, un fait, un FAIT!”xxx Tout en restant évolutionniste, Ruse a clairement reconnu ces dernières années le caractère métaphysique de la théorie évolutionniste moderne, l’appelant même une religion. “En particulier, je soutiens que tant dans l’évolution que dans la création nous avons des réponses religieuses rivales à une crise de foi – des histoires des origines rivales, des jugements rivaux sur le sens de la vie humaine, des ensembles de dictats moraux rivaux et surtout ce que les théologiens appellent des eschatologies rivales – des images du futur et de ce qui attend l’humanité.”xxxi

Le déplacement des évolutionnistes vers des théories métaphysiques et des modèles invérifiables laisse les défenseurs du dessein seuls dans l’arène du débat scientifique sur les origines! Ainsi notre travail en tant que créationnistes du 21ème siècle a quelque peu changé. Bien qu’il demeure important de faire du travail de terrain et de la recherche pour accumuler des preuves supplémentaires soutenant le créationnisme, le défi croissant est d’unifier les preuves confirmant que nous avons en un modèle cohérent. De plus, les créationnistes doivent diffuser le message, arracher le micro et le podium des griffes des évolutionnistes qui cherchent à dominer le dialogue national sur les origines. À cet égard, il est très utile, au cours de cette année historique, de faire connaître la retraite régulière de nos adversaires évolutionnaires de l’arène de la science testable.

  1.             Voir Gonzales, G., Richards, J., The Privileged Planet, Regnery Publishing, 2004.
  2.             Folger, Tim, “Science’s Alternative to an Intelligent Creator: the Multiverse Theory,” Discover, décembre, 2008.

   iii.            Voir Morris, Scientific Creationism, Creation-Life Publishers, San Diego, CA, 1974, p. 158.

  1.             Davies, Paul, The Edge of Infinity, New York: Simon and Schuster, 1981, p. 161.
  2.             Brett, Carlton L., “A Slice of the ‘Layer Cake’: The Paradox of ‘Frosting Continuity,'” Palalaios 15:495-498, 2000.
  3.             Raup, David M., Chicago Field Museum, Univ. of Chicago, “Geology and Creationism” Field Museum of Natural History Bulletin, Vol. 54, No. 3, mars 1983, pp. 16-25.

vii.            Ager, Derek, The Nature of the Stratigraphical Record, NY: John Wiley and Sons, 1981, p. 54, p. 141.

viii.            Morris, John, The Young Earth, Master Books, Green Forest AZ, 2007, p. 97.

  1.             Darwin, Charles, De l’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie, 1872, p. 307.
  2.             Gould, Stephen J., The Panda’s Thumb, 1980, pp. 238-239.
  3.             Eldredge, N. and Tattersall, I., The Myths of Human Evolution, 1982, p. 45-46.

xii.            Gould, Stephen Jay, The Structure of Evolutionary Theory, 2002, p. 749.

xiii.            Stanley, S.M., New Evolutionary Timetable, 1981, pp. 1577.

xiv.            Gould, Stephen J. The Panda’s Thumb, 1980, p. 181-182.

  1. Huxley, “On the Physical Basis of Life“.

xvi.            Hoyle, Sir Fred, “The Big Bang in Astronomy,” New Scientist, vol. 92, 1981, pp. 526-527.

xvii.            Davies, Paul, The Fifth Miracle, Simon & Schuster, 1999, p. 259.

xviii.            ReMine, Walter, The Biotic Message, 1993, p. 95.

xix.            Kitcher, Philip, Abusing Science: The Case Against Creationism, MIT Press, 1998, p. 59.

  1. Dobzhansky, T., Book review in Evolution: 29, 1975, pp. 376-378.

xxi.            Gitt, In the Beginning was Information, New Leaf Publishing Group, 2006, p. 170.

xxii.            Voir Gitt, “Implications of the Scientific Laws of Information,” Journal of Creation:23(2), 2009, pp. 96-109.

xxiii.            Davies, Paul, The Fifth Miracle, Simon & Schuster, 1999, pp. 56-57.

xxiv.            Voir Truman, Royal, “The Problem of Information for the Theory of Evolution: Has Dawkins Really Solved It?,” 1999.

xxv.            Voir Baumgardner, Sanford, Brewer, Gibson, and ReMine, “Mendel’s Accountant: A New Population Genetics Simulation Tool for Studying Mutation and Natural Selection,” Proceedings of the Sixth International Conference on Creationism, 2008, pp. 87-89.

xxvi.            Voir ReMine, The Biotic Message, St. Paul Science, 1993, pp. 215-236.

xxvii.            Wald, George, “The Origin of Life,” Scientific American, août 1954, p. 53.

xxviii.            Voir Bergman, Jerry, Slaughter of the Dissidents: The Shocking Truth about Killing the Careers of Darwin Doubters, Leafcutter Press, 2008; et le film documentaire de 2008 Expelled: No Intelligence Allowed par Ben Stein.

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