topNom

Ce mouvement, dont le nom exprime le désir de la communion avec tous les chrétiens, cherche à renouveler la vie chrétienne et cultuelle dans le monde moderne. Il veut réaliser le christianisme sous une forme nouvelle, c’est-à-dire renouvelé par l’esprit. C’est une œuvre de renouveau.

topOrigine

Un groupe de théologiens de différentes dénominations, conscients des responsabilités du christianisme face aux menaces d’anéantissement spirituel déchaînées par le matérialisme du début du vingtième siècle, demandent conseil à Rudolf Steiner ( 1861 -1925), le père de l’anthroposophie, et se groupent autour du prédicateur bien connu Friedrich Rittelmeyer. Celui-ci naît le 5 octobre 1872 à Dillingen-sur-Danube, en Bavière, comme fils d’un pasteur luthérien. Il fait de brillantes études à Erlangen et à Berlin. Ami de la musique religieuse, il se passionne encore pour Tolstoï, Maître Eckhart et le bouddhisme. Homme érudit et consacré, il est d’abord vicaire à Wurzbourg, de 1895 à 1902, avant d’être nommé pasteur à Nuremberg, de 1903 à 1916.

En 1910, il publie, avec son ami Christian Geyer, le bulletin mensuel Présence du Christianisme. Il organise une série de conférences à Brême sur les courants religieux de l’époque. Il médite surtout l’évangile de Jean et désire approfondir sa foi. Il découvre la théosophie grâce à Michel Bauer qui lui fait rencontrer Rudolf Steiner en 1911.

En 1916, il accepte l’appel de la paroisse du Temple Neuf de Berlin, l’ancienne église des huguenots, tout en étant anthroposophe. Il prêche pendant six ans, tous les dimanches après-midi, devant près de mille personnes. Après plusieurs séries de cours sur les besoins religieux actuels, avec une centaine de participants, cours donnés par Rudolf Steiner, ces deux théologiens constituent la Communauté des chrétiens, sous la responsabilité de Rittelmeyer. C’est surtout le cours théologique de 29 conférences données entre le 26 septembre et le 10 octobre 1921 à Dornach, près de Bâle en Suisse, qui décidera certains théologiens à fonder ce nouveau mouvement.

Rittelmeyer est chassé de l’Église luthérienne et célèbre le premier culte de la Communauté des chrétiens le 16 septembre 1922. C’est cette date qui est considérée comme celle de la fondation officielle de la Communauté des chrétiens que présidera Rittelmeyer pendant seize ans, en tant que « Recteur suprême ».

En 1935, nous le voyons à nouveau à Berlin pour une série de conférences, puis à Hambourg où il décède le 23 mars 1938, après avoir écrit des ouvrages sur la prière, la méditation, l’évangile selon Jean et l’expérience actuelle du Christ. Plusieurs théologiens prennent la relève, dont Émile Bock ( 1895-1959), un des grands penseurs de la Communauté des chrétiens. Il publie une nouvelle version allemande du Nouveau Testament et des ouvrages sur tous les livres de la Bible. Bock cherche dans ses travaux à faire revivre, grâce à l’archéologie, l’étude des textes et l’histoire des religions, la vie religieuse du peuple juif et des premiers chrétiens au sein du monde ambiant, et à saisir ainsi plus concrètement la portée universelle du christianisme.

La Communauté des chrétiens est interdite en Allemagne de 1941 à 1945, mais elle prend un nouvel essor par la suite grâce à Rudolf Frieling. Après le décès de ce dernier, le 7 janvier 1986, c’est Taco Bay qui prend en main les rênes du mouvement. Né le 22 septembre 1933 à Beatenberg, en Suisse, fils d’un sculpteur suisse et d’une mère hollandaise, baptisé déjà dans la Communauté des chrétiens, il fait des études secondaires en Angleterre et en Écosse, il parle plusieurs langues, suit une formation pédagogique. Il travaille plusieurs années dans l’enseignement et avec de jeunes délinquants, puis se prépare à la prêtrise en Allemagne et à Forest Row, en Angleterre.

Il est prêtre à Londres en 1962, puis à Édimbourg jusqu’en 1975. Il débute une œuvre en Irlande en 1967, puis sera responsable du mouvement aux Pays-Bas, avant de devenir le « Recteur-suprême » de la Communauté des chrétiens, le 21 février 1986. Il est venu en France en février 1990 pour la consécration d’une Communauté à Chatou où le 5 mai de la même année, il célèbre en français la première ordination en France.

topDoctrine

La Communauté des chrétiens est une partie de l’unique Église de Jésus-Christ, lieu où sont reçus et vécus les sept sacrements. C’est consciemment que cette Communauté édifie toute son existence sur la présence divine dans les sacrements. Ceci n’est pas pour elle une théorie, mais un risque qu’ elle assume volontairement : sa vie est justifiée et renouvelée seulement par l’action que le Christ veut bien réaliser en elle.

Pour elle, la pensée ne peut donc être qu’un effort individuel: prendre conscience de l’action du Christ. Elle ne se reconnaît pas le droit d’imposer une forme de pensée à quiconque. Ses prêtres sont libres d’enseigner tout ce dont ils peuvent assumer la responsabilité devant le Christ.

La Bible est la base de toute recherche. L’anthroposophie a fourni à cette Communauté une méthode de travail. L’œuvre de Rudolf Steiner, et en particulier Les guides spirituels de l’homme et de l’humanité, inspire beaucoup les responsables et les fidèles de ce mouvement. Les points de vue les plus divers se rencontrent dans la pensée des représentants de ce groupe pour se confronter et se corriger mutuellement dans une recherche toujours en mouvement.

La Communauté des chrétiens est convaincue de la constitution trinitaire de Dieu et de l’univers. Le Christ, avant sa venue sur la terre, a préexisté spirituellement en tant que principe divin de la vie cosmique. Il a été pressenti et attendu par les prophètes de l’Ancien Testament comme par les adeptes des mystères solaires de l’Antiquité.

La Communauté des chrétiens affirme la préexistence des âmes. L’homme est un être dont l’existence n’est pas limitée par sa naissance et par sa mort. La destinée de l’homme ne s’accomplit pas dans une vie seulement, il est déjà en vie avant sa naissance.

Lorsque le sang de Jésus a coulé sur la croix, lorsque son corps a été déposé dans la tombe, c’était pour la Terre une véritable communion. La Terre, comme l’homme, est un être vivant; elle a une âme, c’est un être spirituel1.

topOrganisation

Chaque communauté locale est autonome, elle est fondée et administrée par un prêtre. Un recteur est responsable de la coordination du travail dans une région ou un pays. Les recteurs supérieurs portent la responsabilité de l’ensemble de la Communauté des chrétiens. Le « Recteur-suprême », l’autorité centrale du mouvement, réside à Stuttgart, 76, Ameisenbergstrasse. Il donne les consignes aux 300 prêtres répartis dans le monde.

La femme est l’égale de l’homme même dans le service sacerdotal.

Diffusion et statistiques :

Les 80 000 membres se rassemblent dans une vingtaine depays, en Europe (Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Autriche, Grande-Bretagne, France, Suède, Norvège, Finlande, Danemark, récemment à Prague (1990), en Pologne et en Russie), en Amérique (États-Unis, Canada, Brésil, Argentine), en Afrique du Sud, en Australie (1988), en Nouvelle-Zélande (1989) et au Pérou ( 1990).

La Communauté est représentée très irrégulièrement dans ces pays. Par exemple, en Suisse, elle possède 7 églises avec un total de 3 000 membres, par contre en Allemagne, elle en possède 120 totalisant 30000 membres.

En théorie, les membres pourraient rester dans leur église d’origine, mais pratiquement ce n’est que rarement le cas. Cette Communauté recrute essentiellement ses membres parmi les médecins, les architectes, les artistes et les professeurs. Cela est plus ou moins prononcé d’un pays à l’autre.

topTravail en France

La Communauté des chrétiens est arrivée en France en 1948. Actuellement, elle compte une dizaine de groupes locaux, dont cinq paroisses bien organisées (Strasbourg, Colmar, Troyes, Paris et Chatou) et des rencontres à Ribeauvillé, Verrières, Franchesse et Autry-Issards. Ces deux derniers groupes datent de 1991 et 1992.

L’église parisienne se trouve 67, rue Daguerre, dans le 14e arrondissement. La France ne doit pas abriter plus de 300 membres.

topPropagande

Les membres, toujours affables, sont peu sectaires et font peu de propagande. Ils diffusent plusieurs revues trimestrielles La Communauté des chrétiens, devenir et Perspectives Chrétiennes ( depuis 1986), un calendrier Au rythme de la terre, un almanach « La Ronde des Temps ». Ils distribuent de nombreuses brochures La vie religieuse dans la famille, Comment le baptême est-il célébré dans la Communauté des chrétiens ? , Fêter l’Avent et préparer Noël, L’évangéliste Jean, Le Baptême, L’Eucharistie , La Communauté des chrétiens, une introduction.

ils organisent des réunions de quartiers et des conférences publiques.

topCulte et pratiques

Le centre de la vie religieuse de ce mouvement est la pratique du culte eucharistique. Après la lecture de l’Évangile et une prédication, s’accomplit l’offrande des âmes et de la prière, symbolisées par l’élévation du calice et l’encensement. Ensuite les paroles de la consécration du pain et du vin invoquent la présence réelle et spirituelle du Ressuscité. Les fidèles y participent par la communion sous les deux espèces. Il faut noter l’usage des vêtements, objets et couleurs liturgiques, permettant de prendre conscience du rapport entre la vie religieuse et la réalité physique, notamment du déroulement liturgique de l’année. Ce culte s’appelle l’Acte de consécration de l’homme.

La vie de cette Communauté se nourrit de la pratique de sept sacrements, en donnant à ce terme le sens vivant qu’il avait avant la fixation par la scolastique catholique romaine du XIIIe siècle. Ce sont le baptême, la confirmation, l’Acte de consécration de l’homme, la confession, le mariage, l’ordination et l’extrême-onction. Elle y voit des actes par lesquels Dieu scelle et donne leur sens spirituel aux événements cruciaux de la vie humaine.

La vie de cette Communauté est scandée par l’accent mis sur les grandes fêtes et les temps qui s’y rattachent : Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte, Saint-Jean et Saint-Michel.

Le petit enfant baptisé est marqué par le contact de trois substances : l’eau qui représente le reflet du Père, le sel le reflet du Fils et la cendre le reflet du Saint-Esprit.

Le prêtre a trois fonctions essentielles: le service cultuel, l’enseignement et la cure d’âme. Ajoutons enfin que cette Communauté pratique également l’ondoiement pour les nouveau-nés en danger, les obsèques et l’Acte de consécration pour les défunts.

topActivités

La Communauté des chrétiens assure un travail social important auprès des enfants, des jeunes et des personnes âgées. Elle soutient des écoles libres préconisant une pédagogie spéciale.

Une Association Familiale, créée à Paris en 1964, se consacre à l’animation de vacances d’enfants et d’adolescents. Une Maison du troisième âge s’est ouverte en Alsace en 1974. Ses écoles dites Rudolf Steiner ou Waldorf viennent de se regrouper dans la Fédération des Écoles Rudolf Steiner, 62, rue de Paris à Verrières-le-Buisson.

Les Éditions Iona à Franchesse, dans l’Allier, publient la littérature du mouvement.

Pour former ses prêtres, la Communauté des chrétiens possède deux Séminaires de formation, l’un à Shalesbrook près de Londres et l’autre en Allemagne, 11, Spittlerstrasse à Stuttgart. Construit en 1933, ce dernier a été endommagé pendant la dernière Guerre et reconstruit en 1953.

topDissidences

La grande liberté dans la doctrine et l’expression de la foi ne favorise pas de dissidence.

topPrincipales erreurs

Un chrétien évangélique est bien dérouté par l’aspect liturgique et sacramentel de la Communauté des chrétiens. Le Christ présenté ne ressemble que faiblement à celui qui est au centre de la Bible. La liberté dans l’enseignement permet bien souvent l’élaboration de doctrines et de pratiques étrangères à l’Écriture.

Les écrits de Rudolf Steiner déforment le sens des textes bibliques. Le Christ présenté comme principe de la vie cosmique n’est plus le Sauveur des hommes et le Seigneur de l’Église. Un chrétien ne peut mettre en aucun cas sur le même plan les écrits de l’Ancien Testament et des textes des religions solaires. L’homme est bien curieusement présenté.

Dans cette Communauté, le rôle du prêtre (homme ou femme) s’oppose à l’enseignement biblique qui affirme que, depuis le sacrifice unique et parfait de Jésus-Christ, le grand prêtre, la prêtrise est inutile (Hébreux 7:24-27).

Si le Nouveau Testament présente les deux institutions de Jésus, le baptême et la sainte cène, il ne s’agit pas là de sacrements. Cette notion est absolument étrangère à l’enseignement du Fils de Dieu (Jean 4:24 et 6:63).

Faut-il rappeler enfin que tout rite en faveur des morts est inutile et que la Parole de Dieu appelle l’homme à une conversion authentique durant cette vie (Hébreux 9:27).

Tiré de Les sectes à visages découvert, G. Dagon, Editions Barnabas

 (1). Toute cette doctrine curieuse est exposée dans la petite plaquette L’Eucharistie de Rose Klockenbring et Èvelyn Francis-Capel. page 19.

 

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