Nous possédons dans notre arsenal d’ouvrages mormons, une photocopie de l’édition du livre de Mormon de 1830. Cette édition est bourrée de fautes d’orthographe, de style, de doctrine et la simple lecture est un premier obstacle quant à son inspiration divine ! Les responsables mormons contemporains pensent et enseignent que Dieu donnait au prophète Joseph Smith les idées et la doctrine et Joseph dans son style propre et son anglais imparfait les écrivait sur papier :

C’était donc la méthode de traduction qu’utilisait Joseph. Ayant étudié les inscriptions, il cherchait le sens de chaque passage par l’inspiration et quand il recevait l’assurance que chaque idée était correcte, il la disait en ses propres termes et dans sa propre langue au secrétaire
(L’Église du Maître, page 287, Union des écoles du dimanche,  1970.)

C’est vrai que cette théorie a l’avantage d’écarter les multiples problèmes causés par les nombreuses différences entre l’édition de 1830 et les éditions ultérieures. L’autre théorie, dite mécanique était défendue par les mormons du 19ème siècle. De toute façon, plus on se rapproche de la source du mormonisme dans le temps, plus on est en mesure de donner un avis correct sur la bonne manière de traduire ! Par analogie, la Meuse coulant à Seraing sera beaucoup plus sale qu’elle ne l’est à Commercy ou près de sa source au plateau de Langres.

Nous avons besoin de témoins ayant vécu les événements ! Leur parole sera beaucoup plus crédible que celles de tous les apologistes mormons apparaissant sur les sites LDS américains et même francophones. Toutes les citations qui vont suivre prouvent que jusqu’en 1957, les responsables mormons défendaient la version dite mécanique :

 Premier témoin : Martin Harris, témoin du livre de Mormon.

Des phrases apparaissaient et étaient lues par le prophète et écrites par ( la personne qui faisait office de secrétaire) et quand elle avait terminé(cette personne) disait : Ecrit et si elle était écrite correctement, la phrase disparaissait et une autre prenait sa place, mais si elle n’était pas écrite correctement, elle restait jusqu’à ce qu’elle fût corrigée, de sorte QUE LA TRADUCTION ETAIT TELLE QU’ELLE ETAIT GRAVEE SUR LES PLAQUES
(L’Etoile, septembre 1976, page 13.)

 Deuxième témoin : David Whitmer, témoin du livre de Mormon.

Je vais maintenant vous donner une description de la manière par laquelle le livre de Mormon fut traduit. Joseph Smith devait placer la pierre de voyant dans un chapeau, puis il plaçait son visage dans le dit chapeau de façon à exclure la lumière. Dans l’obscurité, la lumière spirituelle pouvait briller. Un morceau de ce qui ressemblait à un parchemin apparaissait et, dessus, la traduction. Une phrase apparaissait à la fois et, en-dessous la traduction anglaise. Frère Joseph lisait alors le texte en anglais à Oliver Cowdery qui était le principal secrétaire et lorsque cela était écrit, on répétait le texte au frère Joseph afin de vérifier si cela était correct, alors la phrase disparaissait et une autre prenait sa place. Ainsi le livre de Mormon était traduit par le don et la puissance de Dieu et non par le pouvoir de l’homme
( An Address to all BeliÈvers in Christ, 1887, page 12.)

 Troisième témoin: Rulon S. Howells, historien mormon :

La traduction des anciens caractères en égyptien réformé qui se trouvaient sur les plaques d’or exigeait une concentration très intense et une application absolue de la part de Joseph Smith. Le don de Dieu lui permettait alors, avec l’aide de l’urim et thummim, d’obtenir l’interprétation exacte qu’il dictait ensuite en anglais à son secrétaire. David Whitmer, chez qui la traduction du livre de Mormon se fit en grande partie, nous en a donné l’explication suivante : en se servant de l’urim et thummim, le prophète percevait l’équivalent en anglais des caractères étranges qu’il lisait sur les plaques. Il les dictait à son secrétaire, séparé de lui par un rideau, et après copie se les faisait répéter par ce dernier. Ceci accompli, le texte disparaissait pour faire place à une autre ligne …
(Les Mormons, aperçu historique, 1957, page 19.)

 Quatrième témoin : Joseph F. Smith, 6ème Président de l’Église :

Samedi 24 février 1881- Je suis allé à Provo pour une conférence trimestrielle … Joseph Smith ne traduisait pas les inscriptions des plaques d’or en anglais comme beaucoup peuvent le croire, mais chaque mot et chaque lettre lui furent donnés par le don et le pouvoir de Dieu. Ainsi ce fut l’œuvre de Dieu et non celle de Joseph Smith et ce fut effectué de la façon suivante : Le Seigneur faisait en sorte que chaque mot soit épelé et qu’il apparaisse sur les pierres en courtes phrases … et s’il y avait un mot mal écrit ou même une lettre incorrecte, l’inscription restait sur la pierre
(Citation reprise dans le Journal of Oliver B. Huntington, Utah State Historical Society, Salt Lake City.)

 Cinquième témoin: James Talmage, théologien mormon:

Il est à remarquer que nous ne faisons aucune réserve concernant le livre de Mormon quant à une éventuelle traduction incorrecte. Le faire serait ignorer un fait attesté concernant la parution du livre. Joseph Smith le prophète, voyant et révélateur par qui les anciennes annales ont été traduites en langue moderne nous met expressément en garde en affirmant que la traduction fut effectuée par le don de Dieu et n’est en aucune façon le produit d’une compétence linguistique
(Vitality of Mormonism, page 127.)

 Sixième témoin: Président W. Aird MacDonald, ancien président du pieu d’Oakland :

C’est le seul livre parmi les milliers d’ouvrages dans les bibliothèques du monde entier qui fut apporté sur la terre  et ce du trône de Dieu par un ange. C’est cela qui fait la différence avec tous les autres livres. L’ange a fait 15 voyages du trône de Dieu sur cette planète afin de vérifier si le livre était correctement traduit et imprimé ainsi il pouvait être donné au monde
(Address On the Book of Mormon, page 2.)

 Septième témoin: Georges Reynold, instructeur mormon:

Le livre de Mormon fut conçu avec l’aide divine. Il n’y avait aucun retard dû à des passages obscurs, aucune difficulté dans le choix des mots, aucun arrêt dû à l’ignorance du traducteur, aucune perte de temps dans la recherche d’une argumentation concernant la valeur, le contenu ou la signification de certains mots, aucune référence à des autorités. Toutes ces difficultés dues à un travail humain furent inexistantes. Tout fut aussi simple que lorsqu’un employé écrit sous dictée. La traduction des caractères apparaissait sur l’urim et thummim, phrase après phrase. Aussitôt qu’elles étaient écrites correctement, une autre prenait leur place
(The Myth of the Manuscript Found, Juvenile Instructor’s Office, Faith Promoting Series, 1933, page 71.)

 Huitième témoin: Joseph Fielding Smith, 10ème Président de l’Église :

« On voit l’inspiration dans le fait que chaque partie, à mesure qu’elle était révélée s’emboîtait parfaitement avec ce qui avait été donné. Il ne fut pas nécessaire d’éliminer, de changer ou d’ajuster une pièce quelconque pour l’adapter, mais chaque nouvelle révélation de doctrine et de prêtrise s’adaptait parfaitement à sa place pour complèter l’ensemble de l’édifice tel qu’il avait été vu par le Maître-bâtisseur
(Doctrines du salut, vol.1, page 170.)

Le Professeur Sidney B. Sperry de l’Université Brigham Young n’accepte pas la traduction dite mécanique car il sait alors qu’on ne peut plus expliquer les 3900 changements intervenus dans le livre de Mormon !

Les mormons n’acceptent pas comme vrai le point de vue de Whitmer d’une traduction automatique du livre de Mormon
(The Problems of the Book of Mormon, page 184.)

Mais qui est le mieux placé pour en parler, Sperry ou Whitmer  un des trois premiers témoins du livre de Mormon ? Cela est tellement évident, qu’un mormon a rédigé la lettre suivante au Professeur Sidney Sperry :

Votre façon d’écarter le témoignage de David Whitmer me semble bien étrange. Spécialement en considérant le fait que l’Église a accepté ce récit détaillé que vous ridiculisez et essayez de discréditer. Ce récit détaillé auquel  David Whitmer un des trois témoins rend témoignage est maintenant répandu officiellement parmi les membres de l’Église aussi bien que chez les investigateurs tous les jours de l’année et ce, en six langues différentes. Si vous étiez observateur, vous auriez remarqué qu’il ne se passe pas une semaine que les Nouvelles de l’Église ne montrent des missionnaires officiels de l’Église donnant à des responsables nationaux et étrangers ainsi qu’à d’autres, un exemplaire d’un livre qui contient ce récit de la façon de traduire. Ce livre Les Mormons, Aperçu Historique, a reçu l’approbation, s’il vous plait,  de son utilisation par les missionnaires de l’Église. En fait, frère Richard L. Evans du Comité Missionnaire de l’Église a aidé le compilateur Rulon Howells dans la préparation en vue de la publication. L’éditeur BOOK CRAFT possède un nombre sans fin de lettres des Autorités Générales, de pieux et de Missions appuyant et louant frère Howells pour sa remarquable publication. Et vous, en dépit de tout cela, vous essayez en une ligne de détruire et de jeter le doute non seulement sur David Whitmer, un des trois témoins, mais aussi sur le récit de la manière de traduire divinement le livre de Mormon par une personne qui était en fait beaucoup plus proche des faits que vous ne l’êtes. Si ce que vous dites dans ce paragraphe est accepté alors le prochain pas logique sera de détruire et de jeter le doute sur le témoignage de David Whitmer d’avoir vu les plaques et l’ange. Car s’il a tort comme vous le soutenez quant à la manière de traduire le livre de Mormon, il peut tout aussi bien avoir tort dans toutes les autres choses
(Lettre de L.W. Doss adressée à Sidney Sperry, page 2, para.4, citée dans : A Rebuttal to the Problems of the Book of Mormon, page 11 d’Arthur Budvarson.)

Ce qui est étrange et consternant, c’est que Monsieur Marcel Kahne du site idumea épousait lui aussi la traduction mécanique du livre de Mormon!

Une fois le livre terminé, la première édition ne doit jamais être modifiée.
(L’Etoile, novembre 1959, page 214.)

Il précise dans son article que c’est une des conditions de l’inspiration du livre de Mormon. Son grand maître Hugh Nibley, l’initiateur du grand mouvement intellectualiste parmi les mormons écrit :

Une fois que vous avez terminé, vous ne devez pas faire de changements dans le texte. La première édition doit rester définitive
(Hugh Nibley, Léhi dans le désert, L’Etoile, juillet 1970, page 222.)

Cette première étude sur le livre de Mormon prouve déjà que le texte de la version de 1830 n’a pas été inspiré par le Dieu de Vérité !

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