Le pouvoir d'induire en erreur grâce au dogme
de l'infaillibilité – «un autre évangile» 

 

Car, si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché,
ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu,
ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé,
vous le supportez fort bien.
La Bible – 2 Corinthiens 11:4 

Théologie

 


 

Nous avons été élevés et avons grandi dans l'idée que le pape, infaillible dans ses enseignements en matière de foi et de mœurs, était, en toutes choses, l'ultime instance (dogme de 1870). Lorsqu'il se prononce «ex cathedra», depuis le «Saint-Siège», ses décisions ont un caractère obligatoire et sont nécessaires au salut de tous les membres de l'Eglise romaine. Nous avions accepté l'idée que ce droit revenait au pape sur la base du texte de Matthieu 16.19:

«Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux.»

Nous ignorions, car personne ne nous l'avait enseigné, que ce passage devait être interprété dans le contexte des déclarations faites en Actes 2.14-47 8.14 ss. 10.25 ss. Matthieu 18.15-25 et 18.18, ainsi que dans d'autres passages.

Ainsi croyions-nous sans la moindre hésitation et sans le moindre doute que toutes les décisions doctrinales de l'Eglise étaient inspirées et confiées au pape par le Saint Esprit.

On cite volontiers un autre passage de la Bible pour étayer l'idée selon laquelle l'Evangile de Jésus n'a pas été annoncé de manière définitive par Jésus et ses apôtres, et que, par conséquent, de «nouvelles vérités» ont leur justification comme révélations et dogmes nécessaires au salut. Il s'agit de Jean 16.12-15:

«J'ai encore bien des choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir: Il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera.»

L'homme aime bien faire une synthèse des nombreuses vérités qui existent afin d'échafauder un système de vérités bien structuré. Cette attitude est typique de la pensée de l'homme occidental. Nous sommes surpris de constater que Jésus ne parle nullement dans ce passage de vérités que nous, chrétiens, devions encore apprendre au cours des siècles, afin de comprendre et d'acquérir le salut. Jésus parle très clairement de la vérité:

«Jésus lui dit: 'Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n'est par moi'» (Jean 14.6).

Jésus est la vérité en personne. On ne peut rien en retrancher ni rien y ajouter de nouveau.

Jésus adresse cette prière: «[...] les paroles que je leur ai données sont celles que tu m'as données. Ils les ont reçues [...] et ils ont observé ta parole» (Jean 17.8,6).

A la fin de sa vie, Jésus fait cette prière au Père: «Consacre-les par la vérité: ta parole est vérité» (Jean 17.17).

Ce passage de l'Ecriture, Jean 16.15-22, doit être compris en rapport avec d'autres déclarations de Jésus. En Matthieu 28.18-20, il affirme:

«Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit.»

Jésus donne ici expressément cet ordre:

«Faites des disciples, [...] leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit»!!

Jésus a donc déjà prescrit à ses disciples tout ce qu'il faut enseigner. Or, une merveilleuse promesse est attachée à ce pas d'obéissance:

«Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.»

Cet ordre de mission, assorti de cette promesse réconfortante, est par ailleurs confirmé par d'autres passages. Au chapitre 14 de l'Evangile de Jean, l'angoisse des disciples, à l'idée de devoir continuer à vivre et enseigner sans Jésus, est tout à fait manifeste. Nous n'avons aucun mal à nous mettre à leur place. A quelques rares exceptions près, tout leur a réussi en compagnie de Jésus. C'est seulement maintenant, apprenant que Jésus veut les quitter, qu'ils se rendent compte de la portée de cette séparation. Ils manquent encore d'assurance, sont encore attachés à leurs concepts humains et craignent certainement d'être incapables d'accomplir correctement la mission que Jésus leur confie. Mais Jésus les réconforte!

En Jean 14.15-18, il leur dit:

«Si vous m'aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements.»

Il n'est donc pas question de nouveaux commandements (dogmes ou doctrines particulières). C'est en cela que se manifeste l'amour véritable du disciple pour Jésus. Lorsque Jésus dit «mes commandements», il ne se réfère pas uniquement aux dix commandements d'Exode 20.1-17, mais il veut dire «garder tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20).

En Jean 14.26, Jésus déclare: «tout ce que je vous ai dit», le conseiller que je vous enverrai vous l'enseignera lui aussi et vous le rappellera. C'est pourquoi le Saint Esprit est aussi appelé Paraclet (conseiller, avocat). Aucune vérité nouvelle n'est à rajouter, rien de nouveau.

En Jean 15.15, Jésus confirme encore une fois qu'il a tout communiqué à ses disciples:

«Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître, je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître.»

Révélation par le Saint Esprit –

«[...] et il vous communiquera tout ce qui doit venir»

Mais les prêtres objectent en citant ce passage:

«Lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera ce qui doit venir» (Jean 16.13).

Ne faut-il pas interpréter «il vous communiquera tout ce qui doit venir» comme se référant à ce qu'il faudra croire à l'avenir?

Le Saint Esprit dirige, guide et aime son Eglise. Il annonce ce qui doit venir, non pas comme une nouvelle doctrine qu'il faut enseigner et croire en complément des Saintes Ecritures, mais en tant qu'exhortation, mise en garde, défi et encouragement, afin que l'Eglise puisse être édifiée et marcher dans l'obéissance à Dieu. De nombreux exemples prophétiques de l'Ecriture sainte nous montrent comment Dieu tient parole.

C'est ainsi que nous lisons en Actes 21.10-14:

«Alors que nous passions là plusieurs jours, il est arrivé un prophète de Judée, nommé Agabus. Venant nous trouver il a pris la ceinture de Paul, s'est attaché les pieds et les mains et a déclaré: 'Voici ce que dit l'Esprit Saint. L'homme à qui appartient cette ceinture, voilà comment, à Jérusalem, les Juifs l'attacheront et le livreront aux mains des païens!' A ces mots, nous et les frères de la ville, nous avons supplié Paul de ne pas monter à Jérusalem. Alors il nous a répondu: 'Qu'avez-vous à pleurer et à me briser le cœur? Je suis prêt, moi, non seulement à être lié mais à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus.'»

Comme il ne se laissait pas convaincre, nous n'avons pas insisté.

«'Que la volonté du Seigneur soit faite!' disions-nous. »

L'Esprit de Dieu avait annoncé l'avenir par les paroles prophétiques d'Agabus. Ce qu'Agabus avait annoncé s'est effectivement accompli dans la vie de Paul. Cependant, il ne s'agit pas là d'une nouvelle doctrine qui doive être enseignée.

Paul annonce au jeune pasteur Timothée les événements suivants concernant les derniers temps:

«L'Esprit le dit expressément: dans les derniers temps, certains renieront la foi, s'attacheront à des esprits séducteurs et à des doctrines inspirées par les démons [...]» (1 Timothée 4.1-3).

Cette prophétie et beaucoup d'autres se sont ensuite réalisées. Mais il y a aussi d'autres prophéties dont l'accomplissement est encore à venir, comme par exemple celle d'Apocalypse 22.6-7:

«Puis il me dit: Ces paroles sont certaines et véridiques le Seigneur le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange, pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.»

Paul écrit aux chrétiens de Corinthe à propos du ministère du Saint Esprit:

«Pour nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. Et nous n'en parlons pas dans le langage qu'enseigne la sagesse humaine, mais dans celui qu'enseigne l'Esprit, exprimant ce qui est spirituel en termes spirituels. L'homme laissé à sa seule nature n'accepte pas ce qui vient de l'Esprit de Dieu. C'est une folie pour lui, il ne peut le connaître, car c'est spirituellement qu'on en juge. L'homme spirituel, au contraire, juge de tout et n'est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour l'instruire? Or nous, nous avons la pensée du Christ» (1 Corinthiens 2.12-16).

Les hommes qui ne sont pas régénérés en Jésus cherchent sans cesse à obtenir, par des moyens occultes, des informations sur les événements à venir, le futur, sur le destin que l'avenir leur réserve. En entrant ainsi en contact avec des esprits, des démons qui se manifestent à la place de leurs parents décédés, beaucoup de gens sont victimes d'apparitions, de révélations et de doctrines particulières, qui n'ont aucun droit de cité à côté de l'Evangile, même si elles occupent une place privilégiée dans la vie de certaines religions.

De telles doctrines et traditions religieuses occultes, qui sont pratiquées et enseignées en particulier dans l'Eglise catholique, ont précipité jusqu'à ce jour des générations entières dans la mélancolie et la dépression. Nombreux sont ceux qui mènent une vie spirituelle terne, pénible et marquée par le péché. Ils sont constamment motivés par une angoisse religieuse et sont liés de façon maladive par certains rituels et certaines cérémonies religieuses, par le sacramentalisme et des dogmes créés par les hommes. Ces liens créent une profonde amertume chez beaucoup de gens, qui prennent alors leurs distances à l'égard de la pratique de l'Eglise, surtout lorsque de vieilles habitudes religieuses sont modifiées ou transformées. Ces personnes perdent leurs habitudes religieuses, ou plutôt leur «appui» occulte. On leur avait enseigné que certaines pratiques religieuses constituaient l'Evangile, étaient conformes à la Bible, que ces doctrines étaient cruciales et ne pouvaient pas être modifiées.

Bien des gens gardent désormais leurs distances avec cet embrouillamini religieux et, soucieux de préserver leur tranquillité et d'éviter les problèmes, participent uniquement par habitude à la vie religieuse publique. En fait, la religion n'est pas l'essentiel dans leur vie. Ils ont beau se dire chrétiens, ils ne connaissent pas Jésus Christ. Il leur importe plus d'avoir la «paix de l'âme». Ils évitent de s'engager à suivre Jésus Christ et de le confesser clairement. Ils font ainsi preuve de tiédeur, attitude qui, selon la Parole de Dieu, est sanctionnée par la mort éternelle!

Jésus déclare en Apocalypse 3.15, 16:

«Je sais tes œuvres: tu n'es ni froid ni bouillant. Que n'es-tu froid ou bouillant! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche.»

Ces pauvres gens sont fermement convaincus que tout ce qu'on leur a enseigné et qui les a tant fait souffrir est la volonté de Dieu.

C'est pourquoi certains jettent tout par-dessus bord, tandis que d'autres obéissent simplement, par crainte et dans la douleur, aux lois et aux législateurs religieux. La plupart du temps, ce sont des gens sympathiques et dévoués. Etant donné leur aveuglement et l'ignorance religieuse dans laquelle ils ont été élevés, on ne peut que les prendre en pitié et leur venir en aide.

Le seul moyen pour eux de parvenir progressivement à la délivrance que Jésus promet est de lire la Parole de Dieu, l'Evangile de Jésus, et de se repentir en confessant leurs pratiques occultes.

Quiconque, dans telle ou telle circonstance, n'invoque pas Dieu seul au nom de Jésus – et n'attend ni ne cherche son salut en Dieu seul, se rend coupable d'idolâtrie et suit un autre évangile.

Se repentir et renoncer aux pratiques occultes signifie: abandonner le sacramentalisme, l'intercession pour les morts, l'invocation et l'adoration des morts (de la Mère de Dieu, des saints, des défunts dans les cimetières), renoncer aux messes et à l'achat de messes pour les défunts, aux indulgences plénières ou partielles, à l'aspersion d'eau bénite, à l'eau de Lourdes, arrêter d'invoquer saint Antoine et d'autres morts pour faire avec eux un quelconque «marchandage», et renoncer à bien d'autres pratiques et cérémonies occultes.

Quiconque croit qu'il doit respecter certaines prescriptions (cérémonies et rituels), prononcer un certain nombre de prières ou verser une certaine somme d'argent pour que lui et les défunts puissent bénéficier de l'aide, de la guérison ou du salut de Dieu, suit un autre évangile (neuvaines, pèlerinages, etc.). Quiconque croit qu'il peut accomplir, certains jours et à certaines heures, des exercices ou des devoirs religieux pour obtenir son salut (se confesser une fois par an, communier uniquement pendant la période pascale, prendre spécialement la communion le premier vendredi du mois, respecter certains jours de jeûne, baptiser les enfants, etc.), suit lui aussi un autre évangile.

Quelle joie, quelle libération pour celui qui croit en Jésus Christ avec un cœur sans partage! Jésus a déclaré en commençant son ministère:

«Le temps est accompli, et le Règne de Dieu s'est approché: convertissez-vous et croyez à l'Evangile» (Marc 1.15).

Parlant de son retour, Jésus a affirmé:

«Mais celui qui tiendra jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier tous les païens auront là un témoignage. Et alors viendra la fin» (Matthieu 24.13,14).

Les chrétiens de Galatie avaient été détournés de l'Evangile. Des hommes «pieux» cherchaient à leur imposer des lois et des devoirs religieux par lesquels ils étaient censés plaire à Dieu. Paul en fut très indigné et il appela les Galates à ne pas faire de compromis, leur expliquant que le Christ Jésus avait accompli tout ce qui était nécessaire. Il leur rappela à quelle malédiction s'exposent ceux qui imposent aux hommes d'autres commandements en plus de la grâce offerte par Dieu. C'est ainsi que nous lisons en Galates 1.6-11:

«J'admire avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à un autre évangile. Non pas qu'il y en ait un autre il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent renverser l'Evangile du Christ. Mais si quelqu'un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème! Nous l'avons déjà dit, et je le redis maintenant: si quelqu'un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème! Car maintenant, est-ce que je cherche la faveur des hommes ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si j'en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur de Christ. Car je vous le déclare, frères: cet Evangile que je vous ai annoncé n'est pas de l'homme.»

Un homme qui se dit chrétien et qui, en plus de la Parole de Dieu, annonce et pratique d'autres enseignements nécessaires au salut, tombe sous le coup de la malédiction divine – c'est épouvantable!

Quatorze ans après sa conversion, Paul monte à Jérusalem avec Barnabas et Tite.

«Or, j'y montai à la suite d'une révélation et je leur exposai l'Evangile que je prêche parmi les païens, je l'exposai aussi dans un entretien particulier aux personnes les plus considérées, de peur de courir ou d'avoir couru en vain» (Galates 2.2).

«Ç'aurait été à cause des faux frères, intrus qui, s'étant insinués, épiaient notre liberté, celle qui nous vient de Jésus Christ, afin de nous réduire en servitude. A ces gens-là nous ne nous sommes pas soumis, même pour une concession momentanée, afin que la vérité de l'Evangile fût maintenue pour vous. Mais, en ce qui concerne les personnalités – ce qu'ils étaient alors, peu m'importe: Dieu ne regarde pas à la situation des hommes – ces personnages m'ont rien imposé de plus» (Galates 2.4-6).

Jacques, Céphas (Pierre) et Jean, qui sont considérés comme des «colonnes», n'ont imposé à Paul et aux frères ni doctrines ni devoirs supplémentaires auxquels il leur fallait se soumettre pour plaire à Dieu ou être sauvés.

Paul poursuit alors:

«Au contraire, ils virent que l'évangélisation des incirconcis m'avait été confiée, comme à Pierre celle des circoncis – car celui qui avait agi en Pierre pour l'apostolat des circoncis avait aussi agi en moi en faveur des paiens – et, reconnaissant la grâce qui m'a été donnée, Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à moi et à Barnabas, en signe de communion, afin que nous allions, nous vers les paiens, eux vers les circoncis. Simplement, nous aurions à nous souvenir des pauvres, ce que j'ai eu bien soin de faire» (Galates 2.7-10).

Paul écrit aux chrétiens de Galatie:

«Mais, lorsque Céphas vint à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, car il s'était mis dans son tort» (Galates 2.11).

«Et les autres Juifs entrèrent dans son jeu, de sorte que Barnabas lui-même fut entraîné dans ce double jeu. Mais, quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile, je dis à Céphas devant tout le monde: 'Si toi qui es Juif tu vis à la manière des paiens et non à la juive, comment peux-tu contraindre les païens à se comporter en Juifs?» (Galates 2.13, 14).

«Nous savons cependant que .l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais seulement par la foi de Jésus Christ,' nous avons cru, nous aussi, en Jésus Christ, afin d'être justifiés par la foi du Christ et non par les œuvres de la loi, parce que, par les œuvres de la loi, personne ne sera justifié» (Galates 2.16).

Que s'est-il passé à Antioche? En se laissant aller à des compromis, l'apôtre Pierre est tombé à Antioche dans le péché d'hypocrisie et de trahison. Jésus a accompli la volonté du Père en vivant et en annonçant l'Evangile du Père (la bonne nouvelle du salut), ainsi qu'en payant à la croix de Golgotha le prix inégalable de la rédemption des hommes – tout cela sans la moindre compromission! Le Seigneur attend cette même attitude de tous ses disciples, quelle que soit l'époque, afin qu'ils ne privent pas l'Evangile de sa puissance par de fausses doctrines s'introduisant dans l'Eglise, et que les hommes ne soient pas perdus.

Nous sommes ravis et reconnaissants de ce que Paul se soit opposé, avec autant de franchise et de courage, à toute influence non chrétienne, et par conséquent aussi à tout compromis. Que penserait-il aujourd'hui de tout le droit canonique de l'Eglise catholique, avec ses 1 752 articles et alinéas de prescriptions, grâce auxquels le catholique peut et doit parvenir au salut? Il en aurait certainement le souffle coupé! Voici ce qu'il écrit aux chrétiens de Galatie, qui étaient justement sur le point de remplacer par des prescriptions religieuses la grâce et la foi qu'ils venaient d'acquérir par et en Jésus Christ:

«0 Galates stupides, qui vous a envoûtés alors que sous vos yeux, a été exposé Jésus Christ crucifié? Eclairez-moi simplement sur ce point: Est-ce en raison de la pratique de la loi que vous avez reçu l'Esprit ou parce que vous avez écouté le message de la foi? Êtes-vous stupides à ce point? Vous qui d'abord avez commencé par l'Esprit, est-ce la chair maintenant qui vous mène à la perfection? Avoir fait tant d'expériences en vain! Et encore, si c'était en vain! Celui qui vous dispense l'Esprit et opère parmi vous des miracles le fait-il donc en raison de la pratique de la loi ou parce que vous avez écouté le message de la foi?» (Galates 3.1-5).

Paul écrit ensuite, sans mâcher ses mots ni faire cas des Juifs ou des Grecs, des Samaritains ou des Romains:

«Car les pratiquants de la loi sont tous sous le coup de la malédiction» (Galates 3.10).

A l'époque de Jésus et de Paul, les Juifs devaient respecter – outre les commandements de Dieu – une multitude de lois et d'interdictions: en tout, il y avait 365 interdictions et 248 lois.

Jésus lui-même s'est vigoureusement élevé contre ces règlements élaborés par des hommes, en l'occurrence le clergé juif, qu'il qualifiait d'hypocrites:

«Et ainsi vous avez annulé la parole de Dieu au nom de votre tradition. Hypocrites! Esaïe a bien prophétisé à votre sujet, quand il a dit: Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C'est en vain qu'ils me rendent un culte, car les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes d'hommes» (Matthieu 15.6-9 23.13-15).

Que dirait Jésus de nos jours? Rien d'autre que ce qu'il a déjà déclaré et que nous pouvons lire dans les Saintes Ecritures. Que dira Jésus au jour du Jugement dernier? La Bible nous le rapporte également. Est-ce qu'il aurait évolué pour s'adapter aux religions du monde? Certainement pas! L'Ecriture nous déclare sans équivoque:

«Souvenez-vous de vos dirigeants, qui vous ont annoncé la parole de Dieu considérez comment leur vie s'est terminée et imitez leur foi. Jésus Christ est le même, hier et aujourd'hui il le sera pour l'éternité. Ne vous laissez pas égarer par toutes sortes de doctrines étrangères» (Hébreux 13.7-9).

Jésus a dû accepter de se soumettre à un procès inique, il a dû subir un châtiment cruel en souffrant une mort atroce par amour pour toi et pour moi – cela parce qu'il est resté obéissant à la volonté du Père, sans faire le moindre compromis, et qu'il n'a passé aucune convention œcuménique, ni avec Caïphe, le Grand Prêtre (ou souverain sacrificateur), ni avec le gouverneur Ponce Pilate, ni avec le clergé des Samaritains, des Romains ou des Grecs!

L'apôtre Paul écrit par ailleurs aux Galates:

«Mais celui qui jette le trouble parmi vous en subira la sanction, quel qu'il soit. Quant à moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je alors persécuté? Dans ce cas, le scandale de la croix est aboli!» (Galates 5.10-12). Oui, «pourquoi suis-je encore persécuté?»

Par la suite, Pierre a dû être reconnaissant à Paul de «s'être opposé à lui ouvertement» alors que lui et les frères ne marchaient pas dans le droit chemin de la vérité de l'Evangile. Paul rédigea son épître aux Galates vers l'an 53 apr. J.-C. Quant à Pierre, il écrivit sa seconde épître entre 60 et 70 apr. J.-C. Il y mentionne Paul en parlant de «notre frère et ami».

«Et dites-vous bien que la longue patience du Seigneur c'est votre salut! C'est dans ce sens que Paul, notre frère et ami, vous a écrit selon la sagesse qui lui a été donnée» (2 Pierre 3.15).

Et juste avant sa mort, Pierre confesse une nouvelle fois sans compromission le Seigneur Jésus Christ:

«Aussi ai-je l'intention de toujours vous rappeler cela, bien que vous le sachiez et que vous demeuriez fermes dans la vérité présente. Mais je crois juste, tant que je suis ici-bas, de vous tenir en éveil par mes rappels, sachant qu'il est proche pour moi le moment de la séparation, comme notre Seigneur Jésus Christ me l'a fait connaître mais je veillerai soigneusement à ce qu'après mon départ vous ayez la possibilité, en toute occasion, de conserver le souvenir de ces enseignements. En effet, ce n'est pas en nous mettant à la traîne de fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la venue puissante de notre Seigneur Jésus Christ, mais pour l'avoir vu de nos yeux dans tout son éclat. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand la voix venue de la splendeur magnifique de Dieu lui dit: 'Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisi!: ' Et cette voix, nous-mêmes nous l'avons entendue venant du ciel quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. De plus, nous avons la parole des prophètes qui est la solidité même, sur laquelle vous avez raison de fixer votre regard comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu'à ce que luise le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. Avant tout, sachez-le bien: aucune prophétie de l'Ecriture n'est affaire d'interprétation privée en effet, ce n'est pas la volonté humaine qui a jamais produit une prophétie, mais c'est portés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu.
Il y eut aussi des faux prophètes dans le peuple, de même, il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront sournoisement des doctrines pernicieuses, allant jusqu'à renier le maître qui les a rachetés, attirant sur eux une perdition qui ne saurait tarder, et beaucoup les suivront dans leurs débauches: à cause d'eux, le chemin de la vérité sera l'objet de blasphèmes et, dans leur cupidité, ils vous exploiteront par des discours truqués pour eux, depuis longtemps déjà, le jugement ne chôme pas et leur perdition ne dort pas» (2 Pierre 1.12-21 2.1-3).

Les chrétiens de Corinthe couraient eux aussi le danger de se détourner de l'Evangile. Paul leur écrit:

«En effet, si le premier venu vous prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou bien si vous accueillez un esprit différent de celui que vous avez reçu ou un autre évangile que celui que vous avez accueilli – vous le supportez fort bien» (2 Corinthiens 11.4).

«Ces gens-là sont de faux apôtres, des faussaires camouflés en apôtres du Christ rien d'étonnant à cela: Satan lui-même se camoufle en ange de lumière. C'est donc peu de chose pour ses serviteurs de se camoufler en serviteurs de la justice. Leur fin sera conforme à leur œuvres» (2 Corinthiens 11.13-15).

Grégor DALLIARD

avec l'autorisation de l'auteur à EP - 11/2002