Le baptême au nom de Jésus

« Si vous pouvez me montrer un passage de l’Ecriture ou m’apporter un récit, un récit authentique, qui me montrerait que des gens auraient été baptisés dans la bible au nom du ‘Père, du Fils et du Saint-Esprit’, ... venez me l’apporter, et j’épinglerai une pancarte sur mon dos, et traverserai Jefferson ville, avec vous derrière, soufflant dans une trompette et j’écrirai dessus :’
VOICI UN FAUX PROPHETE QUI EGARE LE PEUPLE ».
W.M.B

 


 

Selon William Branham, seul le baptême au nom du Seigneur Jésus serait valable. Il rejette tous les baptêmes à formule trinitaire. Leur baptême étant lié à la fausse conception modaliste !

« Seul le baptême au nom du Seigneur Jésus-Christ est valable… quiconque a été baptisé différemment n’a pas reçu le baptême biblique ».
(Ewald Frank, le Conseil de Dieu, page 13).

« Nulle part dans les Ecritures il n’est pas parlé de quelqu’un qui ait jamais été baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
(W.M.B, La Parole Parlée, Christ est la révélation du mystère de Dieu, 1963, page 25).

Les branhamistes aiment citer certains textes néo-testamentaires tels que : Actes 2 :38,8 :16, 10 :48 et 19 :5.

Jean-Jacques Meylan de Genève est l’auteur d’une brochure réfutant la position branhamiste. Il résume très bien la situation comme suit :

« Bien des personnes sont sensibles à l’argumentation tirée de ces textes et pensent que la prononciation du nom de Jésus ou du nom du Seigneur Jésus-Christ, lors de l’immersion du néophyte, confère à son baptême plus d’authenticité, plus de vérité. Quelle naïveté ! Voyons pourquoi :

- Est-ce bien sûr que baptiser au nom de Jésus signifie prononcer cette formule de baptême ? Rien n’est moins certain. Il nous est dit de tout faire au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père ! (Colossiens 3 :17).

- Tout : notre mariage, notre travail, nos achats, nos ventes, l’utilisation de notre argent, de nos vacances, nos contrats avec nos semblables, etc. Donc, s’il faut se soumettre à la logique de Branham, à chaque instant de notre vie, nous aurions à prononcer cette phrase : « au nom de Jésus… je prends le train, je mange, je dors, je me fais baptiser ». Le non-sens est évident. L’expression « au nom de Jésus » utilisé par les apôtres signifie « selon ou en accord avec l’enseignement de Jésus-Christ ». Les apôtres savaient bien que le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient trois en un. Ils avaient vu le Fils, entendu le Père, reçu le Saint-Esprit. Je ne serais pas étonné que les baptêmes qu’ils pratiquaient au nom de Jésus c’est-à-dire conformément à l’enseignement de Christ l’aient été sur l’invocation du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

- Si dans le mystère de la foi, les trois personnes sont des personnes réelles, bien que ne formant qu’un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit sont alors des noms propres et non pas seulement des titres.

- Jésus savait qu’Il n’était pas le Père et que le Père était plus grand que lui. C’est pourquoi l’enseignement de Matthieu 28 :19 est tout simplement prodigieux. Jésus nous invite à faire participer le Père, le Dieu Saint, Celui qui se nomme « Le Grand Je Suis » à notre baptême. Ceci est extraordinaire, particulièrement pour les juifs qui vénéraient le Père au point de ne pas prononcer son nom. Déclarer que Dieu le Père est présent au baptême du néophyte, qu’Il y prête toute son attention, est révolutionnaire pour ceux qui voyaient en Dieu un Être très lointain. Ceux qui se font baptiser au nom de Jésus restreignent ainsi la portée de leur invocation. Ils évincent en quelque sorte, la puissance du Père et du Saint-Esprit ».

(J.J. Meylan, Père, Fils , Saint-Esprit ou Dieu unique, pages 12 et 13).

Dans leur défense, les branhamistes insistent sur les quatre points que voici :

Reprenons ces quatre points :

A. Pour établir ce point, on cite Matthieu 18 :17 et quelques fois aussi Deutéronome 19 :15. Cette théorie stipulant que sur la déposition de trois témoins une chose sera établie est d’application dans le règlement de disputes humaines mais certainement pas en relation avec des déclarations divines ! (Proverbes 30 :5, Tite 1 :2, 2 Timothée 3 :16). Nous ne devons pas croire que les paroles de Christ en Matthieu 28 ne sont pas d’application parce qu’elles n’ont été citées ou mentionnées qu’une seule fois ! Il existe en effet quantité d’incidents relatés une seule fois dans les Ecritures et qui pourtant sont acceptées par beaucoup, branhamistes y compris ! Prenons par exemple le Millénium en Apocalypse 20, le voile chez la femme en 1 Corinthiens 11 :10.

B. Ce point sera examiné à la lumière de citations de la secte :

« En ce temps-là et jusqu’à ce que fût perdue la Vérité, c’est-à-dire au Concile de Nicée on avait toujours baptisé au nom du Seigneur Jésus-Christ ».
(W.M.B, Exposé des 7 âges de l’Église, page 30).

« Je mets au défi quiconque voudrait le faire, de m’apporter un seul passage des Ecritures ou un seul témoignage historique montrant que le baptême fût accompli autrement qu’au nom de Jésus-Christ, avant l’avènement de l’église catholique romaine ».
(W.M.B, La Parole Parlée, Restitution de l’arbre de l’épouse, 1962, page 3).

Dans son élan, Branham va se définir lui-même comme un faux prophète :

« Si vous pouvez me montrer un passage de l’Ecriture ou m’apporter un récit, un récit authentique, qui me montrerait que des gens auraient été baptisés dans la bible au nom du ‘Père, du Fils et du Saint-Esprit’, ou si vous m’apportez un livre d’histoire, une page, une citation d’histoire ou quelqu’un ait jamais été baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit AVANT LE CONCILE DE NICEE de l’église catholique, venez me l’apporter, et j’épinglerai une pancarte sur mon dos, et traverserai Jefferson ville, avec vous derrière, soufflant dans une trompette et j’écrirai dessus :’VOICI UN FAUX PROPHETE QUI EGARE LE PEUPLE ».
(W.M.B, La Révélation de J-C, n°1, La Révélation, 1960, page 37).

Ainsi, si nous pouvons trouver une citation historique prouvant qu’on baptisait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit avant 325 de notre ère, date du Concile de Nicée, Branham assure lui-même qu’il est un faux prophète ! Or, nous disposons de beaucoup de textes qui prouvent qu’on baptisait avec la formule la trinitaire avant Nicée :

« Nous avons reçu le baptême pour la rémission des péchés au nom de Dieu le Père et au nom de Jésus-Christ, le fils incarné, mort et ressuscité et dans l’Esprit-Saint de Dieu ».
(Irénée AD 177, Démonstration de la prédication apostolique, 3, page 32, vérifié dans :

Initiation à la doctrine des pères de l’Église, pages 99-100 de J. Kelly).

Irénée, un des 7 anges de la Révélation selon Branham qui soutient totalement notre position !

« Après la chute de l’un d’eux, Il (Jésus) ordonna aux onze autres au moment de retourner chez son Père, après la résurrection, d’aller et d’enseigner les nations et de les baptiser dans le Père, le Fils et l’Esprit-Saint ».
(Tertullien AD 16O-220, Sur la prescription des hérétiques, ch.20, 1-9).

« On les amène (les chrétiens) dans un lieu où il y a de l’eau et ils reçoivent le baptême au nom du Père, Seigneur de l’univers et de notre Seigneur Jésus-Christ et du Saint-Esprit ».
( Justin martyr, 100-163 AD, Les Pères apostoliques, Seuil, 1ère Apologie, 61, 3).

« En ce qui concerne le baptême, baptisez ainsi : après avoir enseigné tout ce qui précède, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit par immersion dans l’eau vive ».
(La Didaché des apôtres, ch.VII, v.1-3).

La didaché date du tout début du 2ème siècle !

ON A LES SOURCES HISTORIQUES, BRANHAM EST DONC UN FAUX PROPHETE ET C’EST LUI QUI l’AFFIRME !

Conclure que « Jésus » est le seul nom du Père, Fils et Saint-Esprit, c’est enseigner que le Père, le Fils et l’Esprit sont une seule et même personne ! Or ceci est une grave erreur.

Christ n’a-t-il pas déclaré que le Père possédait son propre nom ?

« Je suis venu au nom du Père »
(Jean 5 :43) ou encore : 

« Et maintenant, ô Père, j’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés ».
(Jean 17 :5-6).

Il ressort clairement que le Père et le Fils sont deux personnes bien distinctes sinon ces paroles n’auraient aucun sens. Christ assure qu’Il a manifesté le nom du Père, ce qui implique que Père est un nom ! Jésus n’est qu’un nom terrestre du Fils de Dieu. Il signifie « Yahweh est Sauveur ». Dans ce sens, il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné par lequel nous devions être sauvés.(Actes 4 :12). Ce texte et celui de Matthieu 1 :21 prouvent que Jésus est un nom terrestre pour révéler qu’Il est le seul Sauveur ici-bas. C’est pourquoi, il fut appelé Jésus de Nazareth. Il est aussi évident que d’après la bible, Il a reçu un nom nouveau, un nom plus excellent, un nom au-dessus de tout nom dans le ciel parce que « Jésus » le nom terrestre fut pour le ministère terrestre, bien qu’Il soit connu sous ce nom, même après son ascension ! (Apocalypse 3 :12, Hébreux 1 :4, Philippiens 2 :9). En conséquence, le nom « Jésus » ne fut jamais attribué à Christ avant sa naissance physique. Comment dès lors, « Jésus » pourrait-il être le nom du Père et du Saint-Esprit ? Nous ne trouvons jamais dans la bible la moindre allusion qui affirmerait que Jésus fût un nom commun aux trois personnes ! Les apôtres ont parlé d’elles séparément et ont bien pris soin de n’appliquer le nom de « Jésus » qu’à Christ, le Fils du Père !
(1 Corinthiens 1 :3, Galates 1 :1, 2 Pierre 1 :2).

Il n’existe aucun cas dans le Nouveau-Testament où un rebaptême fut administré à cause d’un changement de paroles dans la formule. Il existe un rebaptême en « Actes 19 :1-7 » suite à la non validité du baptême de Jean dans la perspective chrétienne après la pentecôte ! Paul n’était pas intéressé par une formule quelconque, mais par le but et la signification du baptême chrétien. Il est attendu du chrétien qu’il confesse de sa bouche le Seigneur Jésus-Christ et qu’il croit en son cœur que Dieu l’a ressuscité des morts afin d’être sauvé ! ( Romains 10 :9). Quand un chrétien est baptisé au nom «  du Père, du Fils et du Saint-Esprit », il est conscient que le nom du Fils dans cette formulation se rapporte à Jésus. Les apôtres insistaient surtout sur l’enseignement qui faisait du baptême chrétien une bénédiction pour les croyants, mais certainement pas une quelconque formule. Ceci apparaît nettement dans le livre des Actes. Dans cinq cas, aucune formule n’est mentionnée alors que dans chaque situation, Christ fut prêché clairement ! (Actes 8 :38, 9 :18, 16 :15, 18 :8, 22 :16). En deux occasions, l’expression «  dans le nom du Seigneur Jésus » est utilisée ! (8 :16 et 19 :5). Une fois « dans le nom du Seigneur »(10 :48) et une fois « dans le nom de Jésus-Christ »(2 :38).

Au niveau doctrinal, rien ne s’oppose à ce que le Père et l’Esprit soient nommés au même titre que le Fils !

N’est-il donc pas normal de l’inclure dans la formule baptismale ? (Matthieu 28 :18).

Il est également très clair que « baptiser au nom de Jésus », c’est avoir en perspective directe les autres personnes ! Elles sont en effet étroitement liées l’une à l’autre ! (Jean 14 :17-23, 26, Jean 15 :25, Hébreux 9 :14).

Que signifie alors « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ » ? Cette formule utilisée lors du baptême est-elle simplement une banale expression presque magique ou une expression de notre foi en Christ ? Notre compréhension dépend du mot grec « epi », qui signifie « dessus », « sur », « à cause de » ! Ainsi le texte de Actes 2 :38 peut être compris comme suit : « Que chacun de vous soit baptisé à cause du nom de Jésus », c’est-à-dire sur la confession de notre foi dans le nom de Christ. Le Professeur J. Leenhardt qui enseignait la théologie à la Faculté de théologie protestante de Genève écrivait concernant le mot grec « epi » :

« La formule "epi to o", rapprochée de Luc 24 :47, Actes 4 :17, 5 :28-40 pourrait signifier un baptême conféré avec ou par l’autorité de Jésus ».
(Le Baptême chrétien , Neuchâtel, 1946, page 35).

Le baptême d’eau se fera dans la confession de foi au nom de Jésus le Sauveur. N’oublions pas que le message de Pierre lors de la Pentecôte était adressé à des milliers de juifs religieux venus des quatre coins de l’Empire et qui croyaient déjà au Père et à l’Esprit, mais qui n’avaient pas encore reconnu en la personne de Jésus leur Messie et leur Sauveur. Ils avaient mis à mort Christ et pour être sauvés, ils devaient reconnaître leur Messie, se repentir et être baptisés dans ce nom ! Ils attestaient publiquement en devenant chrétiens qu’ils l’acceptaient enfin comme leur Seigneur à l’instar du Père et du Rouah. Il était parfaitement logique que Pierre s’adressant à ces juifs, ne mentionne que le seul nom de Jésus-Christ.

Sans doute, en les baptisant d’eau, les disciples utilisaient-ils la formule que Jésus leur avait laissée auparavant, formule comprenant le nom du Fils aux côtés de ceux du Père et de l’Esprit. En fait, il n’existe aucune contradiction, aucun conflit entre les deux textes ! « Actes 2 :38 » est le commandement d’être baptisé avec profession de foi en Jésus, chose sur laquelle il fallait insister avec les juifs et les convertis de Palestine alors que « Matthieu 28 :19 » est la formule baptismale qu’il faut utiliser pour mener à bien la mission de l’Église dans le monde entier, tout au long des siècles de son histoire. Selon l’hélléniste bien connu Thayer, les juifs devaient faire reposer toute leur espérance et leur confiance dans l’autorité messianique de Jésus. Willy Rordorf, professeur à la Faculté de théologie protestante du Canton de Neuchâtel donne la précision suivante :

« Mais nous pouvons même aller plus loin et dire que, dès le passage de la mission judéo-chrétienne à la mission pagano-chrétienne, la formule baptismale tripartite devait s’imposer. A la différence des juifs qui, se convertissant à Jésus, recevaient son Esprit avec le baptême, les païens devaient d’abord confesser le Dieu Unique, Père de Jésus-Christ, pour pouvoir être baptisés. Cette situation est déjà donnée à l’époque de la mission paulinienne (cf 1 Thessaloniciens 1 :9-10), elle de retrouve dans la didaché qui s’adresse à des païens convertis ».
(Liturgie, Foi et Vie des premiers chrétiens, page 181).

 

En résumé, nous attestons :

« Sur ta confession de foi dans le Seigneur Jésus-Christ, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen ».

Luc rapporte un incident qui semble établir l’utilisation de la formule trinitaire de Matthieu 28 !

En Actes 19 :2, certains disciples non chrétiens de Jean-le–Baptiste déclarent en réponse à la question de Paul, qu’ils n’ont jamais entendu parler du Saint-Esprit. Immédiatement, Paul leur demande quel baptême ils ont reçu ? (Actes 19 :3). Il est clair que pour l’apôtre l’utilisation de la formule de Matthieu 28 aurait dû au moins leur permettre d’entendre parler de l’Esprit !

Lorsque Paul déclare que le peuple d’Israël a été baptisé dans la Mer Rouge « en Moïse » (1 Corinthiens 10 :2), il ne fait absolument pas allusion à une formule quelconque qui aurait été prononcée. Il dit simplement que suite au passage de la Mer, les Israélites acceptèrent Moïse comme leur guide envoyé par Dieu afin de les conduire. D’une façon analogue, être baptisé au nom de Jésus signifie « se remettre entièrement et totalement à Lui comme étant le Sauveur envoyé par le Père » !

Ewald Frank assure que le Père ne s’est jamais adressé au Fils dans l’Ancien-Testament :

« Durant les 4000 ans environ de l’Ancien-Testament, pas une seule fois une conversation nous est relatée entre les Père et le Fils ».
(L’antichrist, 1986, page 39).

Il se trompe :

« Ton trône, ô Dieu est toujours, le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. Tu aimes la justice et tu hais la méchanceté : c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie ».
(Psaume 45 :7-8).

Les Psaumes 102 :26-28, 110 :1 et le Psaume 2, verset 7 sont également des preuves qu’il existait des dialogues entre le Père et le Fils dans l’Ancien-Testament.

Ceci démontre que le Père et le Fils sont des personnes différentes !

Christian Piette