Nouveaux Livres

Nota:
la recension des livres
se fait en ordre décroissant


L’abc de l’ésotérisme

Titre original en allemand: Esoterik als Lebenshilfe?

Lothar Gassmann
Verlag für Reformatorische Erneuerung
et édition: Ourania, 2005 Case postale 128, CH-1032 Romanel-sur-Lausanne

2001
ISBN 2-940335-09-

Table des matières

Annexe:

Toujours plus de gens recherchent dans l’ésotérisme aide, épanouissement et bonheur. L’ésotérisme (du grec esôteros: tourné vers l’intérieur, secret) est «la science de ce qui est caché». Ce terme correspond au latin occultum: ce qui est caché, secret, qui a donné le mot «occultisme». C’est le domaine de l’invisible et du surnaturel, du monde que nos sens ne peuvent percevoir.

Notre époque est imprégnée de religiosité, de mysticisme. Beaucoup de nos contemporains ne sont plus fascinés par la rigueur de la technique, mais par le charme du surnaturel, par la magie des choses cachées, par l’occutisme. Le yoga et la voyance, la guérison spirituelle et le besoin d’un gourou, l’astrologie et les techniques prétendument psychologiques sont «tendance». La critique biblique libérale a laissé dans notre Occident autrefois chrétien un vide spirituel dans lequel s’engouffrent des religions non chrétiennes, notamment l’hindouisme, le bouddhisme et l’islam. ....

Lothar Gassmann


Les charlatans de la santé,

Jean-Marie Abgrall,
Documents Payot,
Paris, 1998.

Le Dr Jean-Marie Abgrall est médecin psychiatre, criminologue, expert national agréé par la Cour de Cassation. Il a été aussi membre de l’Observatoire interministériel des sectes. Son livre sur les médecines parallèles, appelées aussi «patamédecines», a provoqué, en son temps, passablement de remous.

Considéré comme un des «meilleurs experts mondiaux du phénomène sectaire», l’auteur aborde les médecines parallèles avec des présupposés manifestes. Pour lui, toute médecine qui n’est pas allopathique est suspecte ! Ainsi en est-il de l’homéopathie. Certes, cette médecine pose des problèmes insurmontables, notamment en ce qui concerne les dilutions élevées, mais est-ce utile de la mettre en parallèle avec la «mémoire de l’eau» du Dr Benveniste ? Mais, quoi qu’il en soit, cette médecine divisera aussi bien le corps médical que les chrétiens… Donc acte.

La suite de l’ouvrage est consacrée aux différentes médecines alternatives : ostéopathie, chiropractie, kinésiologie, la naturopathie, la médecine anthroposophique de Rudolf Steiner, l’iridologie, la réflexologie, la chromothérapie, la cure Aslan, la méthode Tomatis, Mahikari, Invitation à la Vie Intense, Energo Krome-Kinèse, la méthode Hamer, le Patriarche, etc. La liste des thérapies est relativement complète, et donne un petit aperçu de cette nébuleuse paramédicale.

La description des médecines parallèles et sectaires est, dans l’ensemble, juste. L’auteur met son lecteur en confiance par la solidité de ses sources. C’est une véritable mine de renseignements sur les principales thérapies alternatives, pseudo scientifiques ou du type Nouvel Age. Sans être un ouvrage de référence, nous pouvons le considérer comme très utile, car les informations sont correctes.

Seule ombre au tableau : le Dr Abgrall confond les pentecôtistes et les charismatiques. Son analyse est très superficielle et il est regrettable que tous les chrétiens de cette tendance soient mis dans le même panier. Par ailleurs, l’auteur déborde manifestement de son sujet lorsqu’il écrit que «la grande majorité des groupes pentecôtistes refusent l’adhésion à un œcuménisme religieux…» (p. 221) Quel rapport y a t’il entre la guérison, les médecines parallèles et l’œcuménisme ?

Autre revers à la médaille : nous reprochons à l’auteur, soit de porter des jugements carrés  envers les charlatans, soit de faire preuve de condescendance à leurs égards. Sil parvient à convaincre le lecteur acquis à sa cause, il aura cependant de la peine à amener son lecteur qui pratique ce type de médecine.

En conclusion, ce livre nous laisse un peu perplexe. D’un côté une documentation solide, de l’autre une interprétation à sens unique (Cf. La méthode Kneipp, p. 83). A force de trop brasser, le Dr Abgrall tombe trop vite dans la critique facile. Dommage, car la quasi-totalité de l’ouvrage est bien présentée.

Ce livre, assez particulier, est destiné avant tout aux médecins, pasteurs et à toute personne désireuse d’avoir une information sur la problématique des médecines parallèles.

Paul Ranc


Les Marges du Christianisme, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine

Collectif, sous la direction de Jean-Pierre Chantin
Beauchesne Editeur, 277 p.
Paris, 2001.

Voilà un dictionnaire pas comme les autres ! Un dictionnaire consacré aux fondateurs de sectes, aux «dissidents» catholiques ou protestants et aux grand maîtres de l’ésotérisme. Pas moins de 188 «personnalités» francophones du monde occulte et ésotérique sont recensées. Les notices bibliographiques sont excellentes, fourmillent de détails et de précisions historiques.

Le lecteur dispose de notices à la fois historique et philosophique. D’emblée, le chercheur entre dans un univers différent, celui des mystiques et des illuminés en quête de vérité et d’absolu. Ces hommes et ces femmes (qui représentent 9% des initiés ou des sectaires) ont été les porte-drapeaux des Traditions parallèles (traditions ésotériques et occultes) et leurs buts, altruistes et humanistes, étaient de transformer la vie des hommes, mais aussi de la Terre. Ils ont tous échoué, mais la Tradition continue…

La lecture des notices est fort instructive. C’est ainsi que des hommes comme Jacques Breyer (fondateur de la Tradition solaire), Papus (le vulgarisateur de l’ésotérisme), Victor Blanchard (FUDOSI), Raymond Bernard (ex-légat suprême de l’AMORC), René Guénon (le plus célèbre ésotériste du XXe siècle), Paul Le Cour (Fondateur d’Atlantis), Joséphin Péladan (Rose-Croix), Alexandre Freytag (fondateur des Amis de l’Homme), etc. figurent dans ce dictionnaire et sont bien décrits. Par ailleurs, les auteurs mettent en évidence qu’il existait aux XIXe et au XXe siècles une Tradition religieuse et occulte très vivace.

Enfin, cerise sur le gâteau, l’index des noms et des mouvements est fort bien présenté et constitue un très bon moyen de faire des recherches. De même une sélection bibliographique d’ouvrages classés par thèmes est placée… en début d’ouvrage !

Parmi les auteurs, citons l’historien suisse Jean-François Mayer, professeur à l’Université de Fribourg et auteur de nombreux livres sur le problème des sectes, Bernard Blandre, président de l’AIEMR, Régis Dericquebourg, de l’Université de Lille, André Baubérot, le sociologue protestant, le très contesté Massimo Introvigne et le non moins contesté Eric Poulat (Directeur de recherche au CNRS). Enfin, soulignons les excellentes notices de Serge Caillet qui a rédigé les biographies de l'ancien grand-maître de l'AMORC, Raymond Bernard (qui fut en son temps un des personnages les plus puissants de l'ésotérisme aussi bien en France qu'en Afrique), de Jeanne Guesdon (1884-1955), qui fut Grand-Maître de l'AMORC pour les pays francophones, ainsi que de Hans Gruter (1874-1953) qui fut, lui aussi, responsable de l'AMORC en France.

Malgré ces réserves d’usage, ce dictionnaire a sa place dans la bibliothèque du pasteur, du théologien et du chercheur. Seul le prix pourra faire réfléchir le futur acheteur : 45.28 euros.

Paul Ranc


Sectes, des paradis totalitaires ?

Jean-Pierre Stucki et Catherine Munsch,
Desmarets,
Strasbourg, 2000.

Encore un livre sur les sectes! Mais, celui-ci a la particularité de s'adresser à un public régional, en l'occurrence l'Alsace, la Lorraine et la Franche-Comté. Mais, il va de soi, qu'un tel ouvrage peut intéresser les lecteurs de toutes les régions, et même ceux de l'étranger, car les informations de cette publication sont parfois très intéressantes.

Les auteurs sont des journalistes strasbourgeois qui, après avoir effectué une enquête auprès des anciens adeptes et des associations «anti-sectes», tentent de répondre à plusieurs questions sur l'implantation et les agissements des sectes dans la région est de la France. La démarche est redoutable, car le territoire est vaste et surtout la diversité des sectes est très grande. Les auteurs font allusion à une trentaine de mouvements, mais la réalité est tout autre! Ce que les auteurs ont négligé de dire, c'est que l'Alsace est le «paradis» des associations de type rosicrucien ou martiniste. Pas moins de dix sectes R+C, rien que dans la région de Mulhouse! L'ésotérisme est le créneau principal des sectes en Alsace. Il ne faut pas oublier, en effet, que la Rose-Croix est née en 1614 à Strasbourg.

Si le chapitre «état des lieux» est moyen, par contre celui des «portes d'entrée» est excellent. L'infiltration des sectes dans les milieux de la santé, les écoles, les universités ou la formation professionnelle est bien mise en évidence. Les témoignages recueillis par les deux journalistes sont justes et montrent bien les méthodes utilisées pour recruter des nouveaux adeptes.

Il y a encore la «lutte contre les sectes», «pourquoi les sectes» et les «solutions» pour s'en sortir (ou pour ne pas y entrerâ). Rien de nouveau dans ces chapitres. Il y des dizaines de livres sur le marché qui disent la même chose.

Il faut souligner que les auteurs ne font pas de la dentelle lorsqu'ils définissent ce qu'est une secte (pp 137 ss.). Toutes les sectes n'ont pas des dictateurs à leur tête et la comparaison avec Hitler est plutôt malvenue. Que pensent les «Amis de l'Homme» qui ont des membres en Alsace? Par ailleurs, les auteurs auraient dû faire la nuance entre les sectes dites «dangereuses» et les «dérives sectaires». Le cas de la Porte Ouverte Chrétienne de Mulhouse est typique: cette église est classée comme secte par leurs auteurs alors que, pour nous, il ne s'agit que d'une simple dérive de théologie pratique. La cause première de ce problème juridique est que la théologie des ministères a toujours été le point faible des églises pentecôtistes. Par ailleurs, mettre sur le même pied la «Porte Ouverte Chrétienne» et l'«Église de Pentecôte de Besançon» est une absurdité. L'histoire, les doctrines et surtout les pratiques sont différentes. Enfin placer la Mission Kwasizabantu comme secte est une faute : il ne faut pas confondre la Mission sud-africaine ou allemande avec la Mission française. Toutes ces fâcheuses erreurs risquent d'amalgamer toutes les églises issues de la Réforme avec les sectes.

Notre conclusion est nuancée: le bon côtoie le moins bon. Il y a des renseignements intéressants comme il y a du «réchauffé». Ce livre ne vaut que par la qualité des personnes interrogées. La bibliographie est inexistante (4 livres seulement ). Malgré ses lacunes, ce livre peut être utile à des chercheurs (théologiens, psychologues, etc.).

Paul Ranc

Soulignons aussi que nos amis belges pourront lire le livre d'Alain Lallemand, les sectes en Belgique (Voir notre bibliographie générale).



Les sectes à l'assaut de la santé,

Paul Aries, 
121 p., Editions Golias, Villeurbanne,
2000.

La santé est l'un des domaines de prédilection des sectes. Il est vrai que le fait d'être en «bonne santé» est pour l'homme une véritable bénédiction. Cependant, la science médicale, malgré tous ses efforts, ne peut pas guérir toutes les maladies. Il y a encore beaucoup de progrès à faire! Pire, l'apparition de nouvelles maladies font que la santé demeure un problème aléatoire. D'où les craintes et les angoisses de beaucoup de nos contemporains.

Face au désarroi moral et spirituel de notre humanité, les sectes se sont engouffrées dans ce créneau juteux qu'est la santé.

Paul Aries, spécialiste des sectes, de la pédophilie et de la mal-bouffe nous propose un très intéressant petit ouvrage qui analyse succinctement une douzaine de sectes guérisseuses. Après une introduction portant sur une critique objective de la médecine traditionnelle, l'auteur analyse les caractéristiques des «médecines énergétiques» (chakras, Tradition primordiale, etc.). Ensuite, Paul Aries s'attaque aux sectes qui prétendent «guérir les incurables», puis à celles qui «pathologisent les biens-portants». La description proposée par l'auteur est juste et le ton modéré. Un bémol cependant : l'auteur confond charismatisme, pentecôtisme et fondamentalisme (page 110). Il serait faux en effet de croire que tous les chrétiens dits «fondamentalistes» pratiquent une lecture littérale de la Bible, pas plus qu'ils ne sont obsédés par leur «salut personnel». Un vrai chrétien sait que la Bible est la Parole de Dieu et que sa lecture a une influence bénéfice sur sa vie tout entière («vie éthique»). On ne peut pas réduire la Bible à un recueil de symboles Par ailleurs, nombre de chrétiens sont de nos jours très actifs dans la société civile et militaire. Le salut ne se vit pas en cercle fermé, mais dans un esprit d'ouverture et de dialogue vers les autres.

Ajoutons encore qu'Aries nous propose un chapitre sur cette médecine alternative méconnue qu'est le Reiki. C'est, à notre avis, la seule étude qui existe en langue française.

La conclusion est excellente. Nous avons particulièrement apprécié le paragraphe intitulé «le mythe de la perfection». Brève bibliographie.

Un livre à lire absolument. Facile à lire et très bien présenté. Pour patients et thérapeutes, bien et mal-portants, laïcs ou pasteurs, etc.

Paul Ranc

PS. Paul Aries nous promet un livre sur la médecine anthroposophique.


Église, Secte: deux mondes étrangers...,

Daniel Bordreuil, Frédéric de Coninck, Werner Chabrerie et Maurice Hadjadj,
212 pages, Editions Exelsis, Cléon d'Andran,
1999.

«Le développement numérique des sectes et les dangers qu'elles représentent font actuellement l'objet d'une large médiatisation et d'une attention toute particulière des Pouvoirs Publics. Ce phénomène n'est pas sans répercussion sur les Églises évangéliques.»

Cet extrait de la préface de Daniel Wittmann situe d'emblée la problématique: quel rapport y-a t'il entre une Église évangélique et une secte? Les quatre auteurs répondent: rien!

Daniel Bordreuil, membre du Comité directeur de la Fédération Evangélique de France, fait un très intéressant état des lieux (Les sectes dans la presse de 1979 à 1999), la notion de culte en France, les Associations de défense ou d'information. Enfin, il analyse les rapports officiels (rapports Vivien et Guyard). Cette approche juridico-politique est excellente et nous permet de comprendre l'évolution du phénomène sectaire en France.

Tout autre est l'approche sociologique de Frédéric de Coninck. Partant d'une première définition, celle d'un groupe minoritaire qui professe des croyances exigeantes, l'auteur - qui est sociologue - tente une explication au travers des apports du philosophe Max Weber et d'Ernest Troeltsch. Sa conclusion laisse le lecteur sur sa faim et la définition de la secte et du «groupe sain» reste ouverte...

L'approche psychologique de Werner Chabrerie est, par contre, plus explicite. Se basant entre autres sur des documents de l'UNADFI et du livre d'Alain Woodrow, Les Nouvelles sectes, l'auteur montre avec beaucoup de doigté l'attitude et le comportement du sectaire. Les besoins psychologiques de l'homme, les méthodes de recrutement et d'endoctrinement, la personnalité du gourou, etc. sont très bien analysés et mis en évidence. Le chapitre VI est des plus intéressants. Il est en effet question des «leaders "évangéliques" aux allures de gourous! L'auteur cite les noms de William Branham, de Kathryn Kuhlman et de Yonggi Cho. La secte de la Citadelle est aussi mentionnée. Le jugement que l'auteur porte est pondéré et juste. Finalement, Werner Chabrerie a écrit en une cinquantaine de pages un morceau d'anthologie!

L'approche théologique de Maurice Hadjadj clôt l'ouvrage. L'auteur a le mérite de poser la question: «Jésus est-il le gourou de la secte chrétienne»? Sa réponse est un modèle du genre... Il faut lire les pages 152 à 158! Mais Hadjadj pousse le bouchon plus loin et pose crûment la situation: «Quand l'Église se déforme». Les titre de certains paragraphes parlent d'eux mêmes: des langues déconnectées, des affamés de la fin, des convulsions hilares, etc. A lire deux fois!

Seule ombre au tableau: la bibliographie «sommaire» est indigne d'un tel ouvrage. Autre remarque (page 31): ce n'est pas Gérard Dagon qui est le seul fondateur de Vigi-Sectes, mais il faut aussi ajouter les noms de Christian Piette, Robert Schroeder et le soussigné (lire le chapitre «Présentation» sur notre site). Mis à part ces deux remarques, nous recommandons à tous ce livre qui fera avancer, nous l'espérons, le débat sur le monde des sectes.


Les sectes dans l'entreprise

Thomas Lardeur,
Editions l'Organisation, 276 p., Paris,
1999.
Préface de Jean-Pierre Brard, député des Hauts-de-Seine et maire de Montreuil.

Thomas Lardeur est historien de formation et journaliste indépendant. Il vient d'écrire ce livre fort intéressant sur les agissements des sectes au sein des entreprises. Par le biais de la formation professionnelle, les sectes s'infiltrent de plus en plus dans les entreprises et font des dégâts, notamment sur le plan financier, mais aussi par le fait de recruter des nouveaux adeptes.

L'auteur décrit l'histoire, les moyens et les techniques utilisées pour séduire les entreprises et les cours sont brièvement décrits. L'analyse des 15 sectes citées (dont la Scientologie, Raël, la Nouvelle Acropole, Landmark Education International) est excellente et nous permet de comprendre le caractère dangereux et pernicieux des sectes. Très bien documenté, et pédagogiquement bien présenté, cet ouvrage est particulièrement destiné aux chefs d'entreprises, mais aussi à toute personne désireuse d'approfondir la problématique sectaire.

Paul Ranc