Les scientologues jugés pour escroquerie à Marseille ont été présentés hier par leurs avocats comme des victimes
de « l'Inquisition », auxquels « la France judéo-chrétienne » conteste « le droit à la croyance ».
Manipulation mentale
Les défenseurs ont aussi contesté le « travail » d'un des deux experts psychiatres commis par le juge d'instruction. Jean-Marie Abgrall, agréé auprès de la Cour de cassation et consulté par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), dont l'Église de Scientologie réclame la dissolution, a été dépeint comme un « militant animé d'une passion combative » ayant fait de « la lutte antisectes son fond de commerce ». Il s'agissait à travers lui de contester la valeur scientifique de la « manipulation mentale », invoquée par le procureur. La défense lui a préféré un témoin américain, Dick Anthony. A la barre, ce psychologue spécialisé dans les nouveaux mouvements religieux a expliqué que la « manipulation purement mentale n'existait pas ».
Quasi-bénévolat
Lorsqu'ils se sont enfin penchés sur les cas précis des prévenus, les défenseurs ont souligné le quasi-bénévolat des employés des centres de dianétique. Quant à Xavier Delamare, pour lequel le procureur a réclamé trois ans de prison dont 18 mois ferme, il est resté impassible tout au long des débats. Son avocat a fait valoir que « son souci pour l'argent, son manque d'humanisme et son manque de générosité » ne constituaient pas « des délits ». Le jugement sera rendu le 15 novembre.