SECTE : Les services fiscaux réclament 300 millions de francs
Le fisc tombe sur les Témoins de Jéhovah
Secte "apocalyptique"
Pour être reconnue comme "cultuelle", une association à caractère religieux doit remplir
deux conditions:
avoir exclusivement pour objet l'exercice d'un culte et ne pas porter atteinte à l'ordre
public. C'est cette
seconde condition que les Témoins de Jéhovah ne remplissent pas, aux yeux des
ministres de l'Intérieur
successifs.
D'abord, les adeptes ont toujours refusé d'effectuer leur service militaire ou civil et ils
refusent aussi les
transfusions sanguines. Ensuite, leur association a été classée comme une secte par la
fameuse
commission d'enquête parlementaire dont le rapport a été publié en décembre 1995.
Les Témoins de Jéhovah y sont répertoriés parmi les sectes "apocalyptiques", celles qui
annoncent
régulièrement l'imminence de la fin du monde. En ce qui les concerne, ils ont déjà
annoncé l'Apocalypse en
1874, puis en 1914, en 1925 et en 1975.
Pour les policiers des renseignements généraux (RG), ils représentent la secte la plus
importante en
France, en termes d'effectifs (130 000 adeptes) et de richesses.
Les Témoins de Jéhovah ne veulent pas régler les 300 millions. Ils protestent contre ce
qu'ils qualifient
d'interprétation erronée de la loi. Ils attaqueront le redressement fiscal devant les
tribunaux, faisant
valoir que plusieurs décisions de justice les ont autorisés à exonérer de taxe foncière
certains lieux de
culte. Enfin, ils se posent en victimes d'une persécution religieuse, dénonçant ceux qui
souhaiteraient les
rayer du paysage religieux français, comme ce fut le cas des huguenots, il y a 300 ans.
Au ministère des
Finances, on se refuse à commenter cette affaire, au motif qu'elle est "couverte par le
secret fiscal".
Témoins de moralité
Les Témoins de Jéhovah ont d'abord réagi individuellement à l'interpellation de l'A.D.F.I.
La réaction officielle est venue d'Elie Tollari, le "représentant de la communauté" dans le Var. Il estime que les 5.000 témoins recensés dans notre département ne se tiennent pas à l'écart de la société. Ils vivent en famille, vont à l'école et travaillent au milieu des autres. Concernant les responsables "il ne s'agit pas de gourous et autres charlatans". Nous avons une direction collégiale comparable à celle que constituaient les apôtres au premier siècle de notre ère et n'ont comme gourou que Jésus-Christ, ce qui est après tout, une bonne référence et nous ne sommes pas des
charlatans... sinon la justice pénale se serait intéressé à nous depuis longtemps.
Précisant que les "témoins" n'ont pas adhéré à la "fédération internationale des religions
et philosophies minoritaires" Elie Tollari ne considère pas son "association cultuelle" comme une religion minoritaire mais comme "la cinquième religion de France". Il accuse l'ADFI qui n'a jamais demandé le moindre entretien aux ministres du culte des témoins dans le Var, d'entretenir une discrimination religieuse disant à tort que la jurisprudence accorde désormais la garde des enfants aux conjoints de Témoins de Jéhovah.
Elie Tollari conclut: les Témoins de Jéhovah qui forment une communauté pacifique ne
demandent qu'à vivre paisiblement avec leurs concitoyens. PM
NDLR: Sons vouloir reprendre point par point les arguments d'Elie Tollari, il est utile de
préciser que l'ADFI cite de nombreuses décisions de justice, confiant la garde des enfants de couples mixtes aux parents "non témoins" Exemple de délibéré: "pour motif du non respect de l'engagement de neutralité religieuse envers les enfants, pouvant entraîner leur marginalisation" Le Journal du Var